Réhabilitation de la Halle Sernam à Pau, ANMA © IDA+
Réhabilitation de la Halle Sernam à Pau, ANMA © IDA+

Confiné.e.s

Confiné.e.s : ANMA

Face au confinement imposé à tous pour contrer la propagation du virus Covid-19, nombre d’architectes ont dû adapter leur pratique et leur méthode de travail à ce nouveau rythme de vie. La série « Confiné.e.s » leur donne la parole, en interrogeant leur vision de la situation — mais aussi leurs recommandations culturelles. Aujourd’hui les réponses de Nicolas Michelin, à la tête de l’agence ANMA, dont l’antenne bordelaise a récemment remporté le concours pour la réhabilitation de la Halle Sernam à Pau.

nicolas-michelin-architecte-et-projet-cataroux-agence-anma_4371921L’Architecture d’Aujourd’hui : Où êtes-vous confiné•es et comment vous êtes-vous organisés pour poursuivre votre activité ?
Nicolas Michelin :
Je suis confiné dans les Alpes du Sud. Mes associés ANMA sont aussi en dehors de Paris. Nous sommes en contact quasi permanent entre nous (7 associés). Nous avons une réunion quotidienne avec notre administration DAF, RH, informatique, comptabilité. L’agence à Paris est quasi fermée. Seul le passage quotidien d’une personne permet de relever le courrier et vérifier les serveurs. L’agence de Bordeaux reste ouverte grâce à un collaborateur qui doit travailler sur place (besoin de capacité informatique). Avec nos équipes « Urbaniste. Architecte et Chantier » (environ 55 personnes ), nous utilisons les moyens WhatsApp et Teams.  La production de plans phase pro DCE continue via notre réseau. Certains maîtres d’ouvrage, notamment en urbanisme, maintiennent des réunions sur Teams ou autre. Ça marche assez bien. D’autres préfèrent différer les réunions et les rendus, ce qui entraîne un ralentissement de l’activité très sensible.

Confinement et architecture sont-ils antinomiques ?
Le confinement permet de réfléchir longuement, ce qui est bien. En revanche le doute passe très mal par les réseaux. Le doute en phase conception et mise au point est très important à partager. C’est ce qui fait avancer les projets, et il manque cette dimension, ce n’est pas simple.

Quelles leçons pensez-vous tirer de l’impact écologique de cette crise ?
Après le confinement, il ne faudrait pas que les choses reprennent comme avant. Cette crise a montré qu’il était possible, avec de la volonté politique et du volontarisme citoyen, de réduire la consommation, le carbone, la pollution de l’air, etc. Autant d’éléments qui semblaient inaccessibles malgré toutes les manifestations pour le climat et les avertissements des scientifiques.
Pour l’architecture et l’urbanisme, c’est le moment de mettre au point un nouveau process de production. Il ne faudra pas rattraper le retard, comme certains l’envisagent déjà, mais plutôt faire autrement, plus sobre, plus respectueux de la nature. Moins vite.

Un film à voir / un livre à lire pendant le confinement ?
Le film par Sandra Blondel et Pascal Hennequin, Irrintzina, sur le mouvement écologiste Alternatiba.

Un compte à suivre sur les réseaux sociaux ?
Les vidéos d’Aurélien Barrau.

Qu’espérez-vous de cette expérience ?
Changer notre façon de faire

Quel impact ce confinement a sur la perception de votre espace espace de travail et, inversement, sur votre espace domestique ?
Je suis loin, et je me dis que c’est possible qu’il n’y a pas que Paris et que l’espace, c’est bien.

Le site de l’agence ANMA.

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