Arc en rêve Papers

Bronzeville et le logement

Arc en rêve et L'Architecture d'Aujourd'hui inaugurent une nouvelle collaboration qui prendra la forme d'une série d'essais autour et à partir d'événements organisés par l'institution bordelaise. Le premier de ces essais, publié dans le cadre de l'exposition « commun, une architecture avec les habitants » porte sur l'histoire de Bronzeville, un quartier de Chicago à l'héritage extraordinaire et au destin tourmenté. L'auteure, la chercheuse afro-américaine Isabel Strauss, revient sur ce cas symptomatique de ségrégation par le développement urbain. Cette étude, bien plus développée que le chapitre que nous en restituons, pose la question des éventuelles réparations qui pourraient être légitimement réclamées par la communauté noire, mise à l'écart, voire instrumentalisée par la mise en œuvre de politiques de logement racistes dans la poursuite de gains privés tout au long du vingtième siècle. Le principe de compensation n'est pas perçu ici dans un sens juridique et monétaire, mais plutôt dans le sens moral de la réparation qui serait due aux communautés qui ont souffert et souffrent encore de ces politiques. L'article apporte un éclairage inattendu sur les questions d'inégalités et de développement urbain, qui, si elles ne sont pas directement transposables au contexte français, ouvrent néanmoins une voie pour sortir des impasses sociétales dans lesquelles nous nous engouffrons.

Auteure : Isabel Strauss

Extraits d’Architecture des réparations : demande de propositions (chapitre 4)

Les rues de Bronzeville sont remplies d’histoires incroyables. Le gospel a été inventé à Bronzeville. Le Chicago Defender avait son siège à Bronzeville. Adler et Sullivan y ont conçu les plans d’une synagogue qui serait ensuite partiellement transformée en temple baptiste. Mahalia Jackson est la première à avoir chanté du gospel dans ce temple, qui sera réduit en cendres en 2006 suite à un incendie. Martin Luther King Jr. a pris la parole à la Liberty Baptist Church de Bronzeville à la fin des années 1960. Si l’on remonte un peu plus loin dans le temps, la South Park Commission de Chicago de 1869 avait mandaté Frederick Law Olmsted et Calvert Vaux pour superviser la conception du South Park System de Chicago, un projet holistique de plans d’eau, de promenades et de parcs reliant les enclaves pastorales au tissu urbain par des boulevards. Ainsi, plus de cinq-cents hectares seraient aménagés en unités plus petites pour la création des jardins-paysagers, tels que Jackson Park, le Midway Plaisance et Washington Park. Bien que la plupart des dessins d’Olmsted et de Vaux aient été détruits en 1871 dans le grand incendie de Chicago, leurs idées ont vu le jour à l’occasion de l’Exposition universelle de 1893. Ces parcs et ces promenades signalent l’entrée de Bronzeville.

Campé entre deux voies rapides, Dan Ryan Expressway à l’ouest et Martin Luther King Jr. Drive à l’est, Bronzeville s’étend du nord au sud de la 31e à la 39e rue, mais rogne aussi sur d’autres quartiers – le Third Ward, le quartier de Douglas, de la Black Belt, et de la Black Metropolis. Ce qui signifie que ses frontières n’ont pas de tracé – elles changent et continuent de changer en fonction des moments et des personnes à qui l’on s’adresse.

À Bronzeville, à environ cent mètres du centre-ville et moins de quatre cents mètres du seul groupe de maisons en rangées conçues par Frank Lloyd Wright, un autre point de repère historique rappelle aux passants que ce quartier est indissociable et en même temps séparé de l’Institut de technologie de l’Illinois (ITT). Le Crown Hall de Ludwig Mies van der Rohe, bâtiment emblématique de l’architecture moderniste, domine le carrefour de State street et de la 34e rue. Niché derrière une rangée d’arbres, le bâtiment frappe par son élégance et sa beauté.

Face au Crown Hall, et lorsqu’on déambule à l’intérieur dans cet espace sans colonnes en essayant de comprendre où se cachent les canalisations ?, on en oublierait presque que sous les fondations du chef d’œuvre de Mies gisent les vestiges d’un autre bâtiment emblématique, également très riche sur le plan culturel.

Le destin des Mecca Flats, un bloc de bâtiments conçu pour servir d’hôtel de luxe aux résidents blancs lors de l’Exposition universelle de 1893, sera scellé pendant la Grande Migration par l’afflux d’Afro-Américains venus du Sud pour s’établir à Chicago, et par les clauses restrictives qui, au début du XXe siècle, ont confiné les Noirs de Chicago à Bronzeville et dans ses alentours. Daniel Bluestone explique que « lorsque la population noire de Chicago a plus que doublé dans les années 1910, passant de 44 103 à 109 458 habitants, le quartier des Mecca a reçu un afflux de nouveaux résidents. Les promoteurs immobiliers et de nombreux habitants de Chicago ont accueilli l’expansion résidentielle afro-américaine avec inquiétude et hostilité, allant des menaces aux bris de vitres, en passant par des attentats à la bombe »¹.

Alors que la violence raciale à l’encontre des Noirs s’intensifiait dans la ville, la population afro-américaine se concentra dans la Black Belt. Cédant à la pression induite par l’exode des Blancs et les nouvelles clauses raciales, la politique consistant à réserver les Mecca Flats à des résidents blancs fut abrogée en 1911, même si, dans les faits, ces bâtiments n’accueillirent qu’un faible pourcentage d’Afro-Américains. La population noire ayant plus que doublé entre 1910 et 1920, elle augmenta à nouveau au cours de la décennie suivante pour atteindre 234 000 habitants, les Noirs du Sud ayant fui le système de métayage via l’Illinois Central Railroad « … afin de gagner de l’argent et jouir des bénéfices légaux de la citoyenneté »² à Chicago. À mesure que la Grande Migration attirait un nombre croissant de personnes vers les grands centres urbains, les actes de violence physique, psychologique, économique et légale à l’encontre des Afro-Américains se multiplièrent dans et autour de la Blackbelt de Chicago tout au long du XXe siècle – une violence qui a certes changé de forme, mais qui a persisté.

Arnold R. Hirsch a commenté plusieurs cas de violences physiques et psychologiques avec une précision bouleversante dans son livre Making the Second Ghetto : Race & Housing in Chicago 1940-1960. Hirsch écrit :

Alors que les réfugiés de la Black Belt, zone surpeuplée et sinistrée, cherchaient de nouveaux logements dans des quartiers de la ville auparavant restreints, le nombre d’incidents violents visant à chasser les « envahisseurs » noirs augmenta de façon spectaculaire. La fin des années 1940 se mit à ressembler à la période 1917-1921 où, tous les vingt jours, un attentat à la bombe ou un incendie criminel à motivation raciale se produisait. Par ailleurs, de grandes émeutes liées au logement éclatèrent – des familles noires harcelées chez elles par des centaines, voire des milliers de Blancs –, révélant ainsi une forme de résistance rare en dehors du contexte des soulèvements urbains à l’échelle de la ville³.

Les Afro-Américains n’avaient tout simplement pas de lieu où emménager. Dans son livre Le procès de l’Amérique, Plaidoyer pour une réparation, Ta-Nehisi Coates explique : « Comme la Home Owners’ Loan Corporation, la Federal Housing Administration a initialement appliqué les clauses restrictives sur l’immobilier qui empêchaient les Noirs et d’autres ethnies indésirables de bénéficier de prêts garantis par le gouvernement fédéral. Dans les années 1940, Chicago était la ville des États-Unis qui recourait le plus à ces clauses, et près de la moitié des quartiers résidentiels étaient effectivement interdits aux Noirs »⁴.

Cette situation n’a fait qu’aggraver les problèmes de surpopulation dans les quartiers noirs et d’exploitation des familles noires par la stratégie du blockbusting5 et l’octroi de prêts hypothécaires à risque⁶.

Tandis que la densité de population de la Black Metropolis augmentait, que les Afro-Américains fuyaient le Sud et que les Blancs de Chicago empêchaient les Noirs de vivre dans des conditions décentes, l’Institut de technologie de l’Illinois (IIT) espérait s’étendre, et pour s’étendre l’Institution avait besoin de terrains.

Année après année, l’histoire du campus de l’IIT a été réécrite pour atténuer la part de responsabilité attribuée à l’Institut et à la ville de Chicago. Le contexte global de cette histoire demeure cependant à peu près inchangé – avec la montée de l’Allemagne nazie et l’afflux d’émigrés européens, les disciples du Bauhaus Ludwig Mies van der Rohe et Ludwig C. Hilberseimer ont conçu l’Illinois Institute of Technology dans l’idée de développer les programmes d’études et d’étendre le campus. L’expansion du campus n’aurait pas été possible sans la « rénovation urbaine » qui s’est servie des « outils législatifs en vigueur pour l’aménagement du territoire » à l’échelle de la ville, de l’État et du gouvernement fédéral. Ces outils incluaient entre autres le Housing Act de 1937⁷,  le Housing Authorities Act, et l’Act to Promote Improvement in Housing de 1945⁸,  le State Housing Act⁹,  l’Illinois Neighborhood Redevelopment Corporation Law ¹⁰, en plus des cinq millions de dollars d’obligations émises pour éliminer les « taudis » par la municipalité́ de Chicago en 1945. Ce sont ces outils, décrits par le South Side Planning Board dans An Opportunity for Private and Public Investment in Rebuilding Chicago, qui ont rendu possible l’expropriation des résidents et l’expansion du campus, ainsi que le « déplacement » de plus de vingt-six mille familles, afro-américaines pour la plupart.

Selon Arnold R. Hirsch, les atrocités commises à l’encontre des Afro-Américains pendant la « rénovation urbaine » sont « évidentes dans les dispositions relatives au relogement qui apparaissent dans le document An Opportunity for Private and Public Investment in Rebuilding Chicago »¹¹. Il écrit :

Selon le recensement de 1940, qui a servi de base à ses estimations, l’étude prévoyait le relogement de 25 900 familles. Parmi celles-ci, on a estimé que 6 530 pouvaient bénéficier d’un logement social, à condition que les critères d’éligibilité du CHA soient « modifiées ». Pour le reste, 8 460 familles de « meilleures conditions » devaient se reloger sur le marché privé et 4 600 « familles » composées de célibataires ou de couples sans enfants se retrouvaient exilées dans des « chambres louées ou des meublés ». Il restait encore 5 000 familles, condamnées à occuper des logements « transitoires » qui, bien que non définis dans le rapport publié, ont été décrits dans les versions préparatoires à cette étude comme des unités de relogement financées par l’État… À moins d’ouvrir aux Noirs des zones qui leur étaient jusqu’à présent interdites, concluait-on, le marché du logement privé n’était pas en capacité de « drainer » la population déplacée… Les critiques ont également soulevé d’autres points. Ils ont mis en doute la fiabilité des données et, notamment le recours massif à des logements sociaux qui n’avaient pas encore été construits. « [Le rapport final] comportera sans nul doute beaucoup plus de précisions sur le relogement », espéraient Meyerson et Isaacs, « car jusqu’à présent, on ne peut pas le qualifier de programme. » « Dans cette histoire de relogement, qui doit faire quoi et comment ? Qui doit fournir les logements de transition ? » Ces questions sont restées sans réponse¹².

Si le South Side Planning Board et l’Illinois Institute of Technology ont obtenu des terrains à un prix très avantageux, ce n’est pas un hasard. Ces acteurs ont, de concert avec la ville et le gouvernement fédéral, œuvré à la création d’un « bidonville » dans le but de mettre en place un programme d’élimination de ces quartiers pauvres. Nicholas Lemann décrit certaines de ces atrocités dans The Promised Land : The Great Black Migration and How It Changed America :

La loi sur le logement de 1949, un texte ambitieux qui a posé les bases du « renouveau urbain » et financé plus de 800 000 nouvelles unités de logement social… a abouti à l’approbation par la municipalité́ [de Chicago] d’un programme visant à établir la quasi-totalité des nouveaux logements sociaux à l’intérieur de la Black Belt, sur des terrains rendus disponibles par la démolition des bidonvilles existants ; dans les faits, les fonds du gouvernement fédéral pour la rénovation urbaine ont été dépensés, à Chicago comme ailleurs, pour racheter certains des quartiers pauvres les plus prometteurs et les céder à des sociétés privées à des prix avantageux pour qu’elles les démolissent et les réaménagent à des fins privées, les résidents étant contraints de déménager dans d’autres bidonvilles ou dans ces grands ensembles de logements sociaux¹³.

La nature sinistre et calculatrice de ces projets immobiliers fait partie intégrante des fondations de Crown Hall. Dans son livre The Third Coast : When Chicago Built the American Dream Thomas Dyja note qu’après le transfert des Mecca Flats à l’Institut par Alfred Eustice en 1941¹⁴,  l’administration a sciemment refusé d’installer des extincteurs dans le bâtiment et d’en assurer l’entretien, car l’école avait déjà l’intention de le démolir. Selon Hirsch, « les Mecca Flats ont ensuite fait l’objet d’un débat animé au sein de l’Assemblée générale de l’Illinois, avant de devenir le refuge de squatteurs sans abri qui se sont installés dans le bâtiment après le départ des premiers locataires. Il a fallu plus d’une décennie pour que l’Illinois Institute of Technology réussisse à évacuer les lieux pour étendre le campus »¹5, et à ce moment-là, 1 000 à 1 500 locataires avaient déjà été mis à la rue¹⁶.

Ce processus de démolition et d’effacement orchestré à travers des projets d’aménagement et de spéculation immobilière opportunistes s’est élargi à l’ensemble du pays.

Ce projet tente de montrer comment les dommages infligés à la population afro-américaine de Chicago par l’Illinois Institute of Technology, l’hôpital Michael Reese, PACE Associates Architects, le South Side Planning Board, le Metropolitan Housing Council, la Chicago Authority, la ville, l’État, et le gouvernement fédéral, peuvent servir d’éléments de preuve pour envisager des indemnisations foncières et des compensations foncières. On a beau connaître la véritable histoire de l’expansion de l’Illinois Institute of Technology, elle n’en est pas moins extrêmement choquante : pendant que les parties susmentionnées tiraient profit d’un programme municipal et fédéral qui, censé éliminer les « taudis », a permis l’expropriation et le rachat des terrains à des fins privées, 26 000 familles de la Black Metropolis ont été « déplacées » ; alors que la ville et l’État ont contribué à la concentration des Noirs de Chicago dans certains quartiers en acceptant ou en imposant des clauses restrictives, des achats à crédit et des pratiques de blockbusting, avant de « nettoyer la zone » au nom de la « rénovation urbaine », les résidents noirs touchés par ces atrocités n’ont toujours pas été indemnisés pour les traumatismes physiques, financiers et psychologiques qu’ils ont subis.

En traversant Bronzeville aujourd’hui, on peut ressentir les ramifications de cette histoire dans la configuration spatiale du quartier. Ce quartier autrefois rempli de maisons en rangées est aujourd’hui dégarni. De nombreux terrains sont en effet restés vacants, chaque espace vide étant comme une dent qui manque sur un sourire. Le boulevard reste toutefois un centre d’activités animé, encore bordé de façades en pierre, même si celles-ci n’occupent parfois qu’une parcelle sur deux.

 

RETROUVEZ ISABEL STRAUSS POUR UNE CONFÉRENCE LE 18 SEPTEMBRE 2022 À 14H, À BORDEAUX.
CLIQUEZ POUR PLUS D’INFORMATIONS SUR L’EXPOSITION « COMMUN, UNE ARCHITECTURE AVEC LES HABITANTS ».

 


¹ Daniel Bluestone, « Chicago’s Mecca Flat Blues », Journal of the Society of Architectural Historians 57, n°4, 1998, p. 390-391.

² Nicholas Lemann, The Promised Land : The Great Black Migration and How It Changed America, New York, Vintage Books, 1992, p. 16.

³ Arnold R. Hirsch, Making the Second Ghetto Race and Housing in Chicago, 1940-1960, University of Chicago Press, 1998, p. 41.

⁴ Ta-Nehisi Coates, Le procès de l’Amérique. Plaidoyer pour une réparation, Paris, Autrement, 2017.

⁵ N.d.T. Pratique par lesquelles des agents immobiliers profitaient de la ségrégation : après avoir incité les Blancs à vendre leurs logements à bas prix en répandant la rumeur d’une « invasion » de Noirs dans leur quartier, ils les revendaient au prix fort à des Noirs désireux de quitter le ghetto.

⁶ Dans son article « The Ghetto Is Public Policy », Coates décrit le processus de l’achat d’un bien à crédit : « L’achat à crédit commençait par le versement d’un acompte à un agent immobilier. Ce dernier conservait l’acte de propriété jusqu’au paiement de la totalité de la valeur de la maison – une valeur déterminée par l’agent. Dans l’intervalle, le futur propriétaire devait se porter garant du versement des mensualités, de l’entretien de la maison et de tout problème découlant des inspections. Tout retard de paiement l’exposait à une expulsion, et l’agent pouvait conserver tous les versements effectués. Il était impossible d’accumuler des fonds propres, à moins que, au terme d’un effort herculéen, la totalité du prêt soit remboursée. Très peu y parvenaient. Le système était conçu pour les empêcher, et permettre aux agents immobiliers de s’enrichir grâce à l’expulsion et à la revente. »

⁷« En vertu de la Loi sur le logement de 1937, la United States Housing Authority a été créée pour mener à bien un programme national, en fournissant une assistance aux localités pour l’élimination des taudis et la construction de logements. En vertu de cette loi, l’assistance fédérale ne peut être accordée qu’aux organismes locaux de logement public qui ont été établis conformément à cette loi », An Opportunity, p. 51.

⁸ Cette loi autorise « la Chicago Housing Authority à acheter des terrains insalubres par expropriation ou d’autres méthodes. Ces parcelles pouvaient être revendues ou louées à des coopératives immobilières, des sociétés locales de développement, des compagnies d’assurance, ou à tout autre individu ou entreprise présentant des projets et des garanties adéquats », An Opportunity, p. 51.

⁹ La loi sur le logement social vise à permettre la construction privée de logements pour les familles à faibles revenus. Une fois qu’ils avaient obtenu des options sur cinquante pour cent du terrain, les promoteurs pouvaient demander au State Housing Board l’autorisation de procéder à des expropriations sur des terrains particuliers, p. 51.

¹ ⁰ Cette loi avait pour objet « d’encourager le réaménagement des zones de taudis et des zones délabrées pour le logement. Selon ses dispositions, une entreprise de réaménagement qui avait acquis soixante pour cent de la zone désirée pouvait obtenir le reste par expropriation, à conditions que certaines normes et certains contrôles soient respectés », p. 51.

¹ ¹ Arnold R. Hirsch, Making the Second Ghetto Race and Housing in Chicago, 1940-1960, p. 120-121.

¹ ² Ibid.

¹ ³ Nicholas Lemann, The Promised Land : the Great Black Migration and How It Changed America, New York, Vintage Books, 1992, p. 73

¹ ⁴ Daniel Bluestone, « Chicago’s Mecca Flat Blues », p. 394.

¹ ⁵ Arnold R. Hirsch, Making the Second Ghetto Race and Housing in Chicago, 1940-1960, p. 22.

¹ ⁶ En 1964, Gwendolyn Brooks écrirait « In the Mecca », un poème témoignant de la vie vécue dans ces bâtiments. On trouve également dans les archives de l’IIT une petite collection de carreaux datant de l’époque du bâtiment.

React to this article