Barber Osgerby, Soft Work, 2018
Barber Osgerby, Soft Work, 2018

Actualités

Le bureau est mort, vive le bureau

« La question n’est pas tant de comprendre la transformation des objets que d’identifier des tendances, des changements historiques et sociaux plus larges. » La citation est d’Andrea Branzi, à l’occasion d’une exposition menée par Vitra en 1993 sur l’évolution du bureau. Trente ans plus tard, les designers et éditeurs ont parfaitement saisi les enjeux de ces mutations, et multiplient les solutions, prescriptrices pour certaines, expérimentales pour d’autres – d’autant plus opportunes à l’heure du « Safe Work », le bureau adapté à la sécurité sanitaire.

L'intégralité de l'article est à retrouver dans le numéro 436 d'AA, disponible sur notre boutique en ligne.
Croquis de fonctionnement du "Soft Work" de Barber Osgerby, 2018
Croquis de fonctionnement du « Soft Work » de Barber Osgerby, 2018
 

Comme l’oeuf ou la poule, en matière de mobilier de bureau, que le design soit pensé en fonction des tendances ou qu’il les anticipe, la question demeure sans réponse. Pour Isabelle de Ponfilly, directrice générale de Vitra France, il s’agit plutôt de « capillarité » : « Nous travaillons avec des designers, mais aussi avec des ergonomes, des spécialistes issus du monde médical, des artistes pour justement proposer des produits qui ne soient pas seulement qu’une réponse directe à la commande d’un client, ou à une évolution donnée, mais qui puissent être avant tout, évolutifs. Un mobilier qui réponde aux besoins immédiats, mais aussi futurs. » Une réflexion sur le bureau de demain, dont le fabricant suisse s’érige en précurseur : fondée en 1950 par Willi et Erika Fehlbaum, l’entreprise développe rapidement un mobilier de bureau devenu iconique, comme les Aluminium Chairs de Charles et Ray Eames, produites dès 1958.

Dessin de James Irvine pour l'exposition "Citizen Office" 1993
Dessin de James Irvine pour l’exposition « Citizen Office » 1993

En 1993, l’exposition Citizen Office, citée plus haut, invitent trois designers italiens, Andrea Branzi, Michele de Lucchi et Ettore Sottsass, à ébaucher ensemble des « stratégies de changement » concernant l’aménagement du bureau. Il en résulte une réflexion avant-gardiste dessinant l’espace de travail tertiaire comme une « ville compacte » (Ettore Sottsass) ou encore une « enclave dans la métropole » (Andrea Branzi). Aujourd’hui, le Citizen Office est un concept d’aménagement de bureau à part entière, une sorte de flex office, au sein duquel les employés sont invités à décider seuls du rythme, de la forme et du lieu appropriés à leurs activités. Mis en scène par Vitra au coeur même de ses espaces de production et d’exposition à Weilam- Rhein en Allemagne, le Citizen Office est aussi un moyen pour l’éditeur de montrer et valoriser le mobilier conçu par ses « auteurs ».

Réflexion sur le bureau, Exposition "Citizen office", 1993
Réflexion sur le bureau, Exposition « Citizen office », 1993
Konstantin Grcic entouré de ses "Stood Tool"
Konstantin Grcic entouré de ses « Stool Tool »

Parmi eux, Konstantin Grcic, designer allemand diplômé du Royal College of Art de Londres, qui avec Vitra, a dessiné Stool-Tool, « un monolithe à deux niveaux » qui peut être utilisé à la fois comme chaise ou comme table, lancé en 2016. Bonus, en ces temps de distanciation sociale, « le Stool-Tool offre la possibilité d’aménager les espaces d’accueil et de réunion en respectant une distance appropriée et la matériau est entièrement lavable », souligne Isabelle de Ponfilly.

Stool Tool, Konstantin Grcic, 2016 Drawing Copyright : Leo Rothmoser
Stool Tool, Konstantin Grcic, 2016 © Leo Rothmoser

 


Pour découvrir la suite de cet article,
rendez-vous sur notre boutique en ligne
pour vous procurez le nouveau numéro d’AA, « Travailler ».

Réagissez à cet article