Essere fiume, Giuseppe Penone, 2010 © Giuseppe Penone / Archivio Penone / Marian Goodman Gallery
Essere fiume, Giuseppe Penone, 2010 © Giuseppe Penone / Archivio Penone / Marian Goodman Gallery

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Une galerie rêvée 5/5 : Giuseppe Penone

Dans le hors-série L’Architecture est un territoire publié par L’Architecture d’Aujourd’hui et consacré au travail de l’architecte Rémy Marciano, ce dernier était invité à imaginer sa « galerie rêvée » – un musée de papier qui expose cinq artistes et leurs œuvres. À l’honneur pour le dernier temps de cette collection qu’AA vous propose de redécouvrir en ligne, retrouvez les paroles de l’artiste italien Giuseppe Penone

Voici l'interview réaliseé par Jean-Philippe Hugron, parue dans le hors-série « L'Architecture est un territoire », numéro disponible sur notre boutique en ligne.

Sculpteur italien, associé par la critique à l’Arte Povera, Giuseppe Penone est économe de mots. Fils et petits-fils d’agriculteur, il développe une sensibilité à la terre et, plus largement, à la nature. Artificielle, l’architecture l’interroge. L’artiste y voit la source d’une « illusion ».

Que vous évoque la notion de « territoire » ? Dans quelle mesure est-elle présente dans votre travail ?
Le lieu physique et ses caractéristiques permettent d’élaborer des idées. Elles naissent toujours d’un espace et se développent avec l’imagination, la logique, les perceptions. Elles sont enrichies du souvenir d’autres espaces… et ainsi de suite. Cet ensemble forme le territoire métaphysique nécessaire à la création. Peu importe donc le territoire, même le plus limité ou décentré soit-il, puisqu’il peut acquérir une valeur universelle.

Quels seraient les territoires qui vous ont marqués et pourquoi ?
Mes premières œuvres sont nées de l’opposition entre territoires naturels et le territoires urbains, autrement dit entre la conception d’une sculpture produite exclusivement par l’activité humaine et celle d’une sculpture produite grâce à la nature en symbiose avec l’homme.

Que reste-t-il aujourd’hui de l’Arte Povera et de son enseignement ?
La rencontre magique d’une ligne qui forme ensuite un dessin ou d’un souffle de vent qui remue les feuilles et suscite un bruit d’eau qui coule peuvent être à l’origine des choix d’une vie. C’est ce qui m’est arrivé.

La valeur qui subsiste dans les œuvres d’artistes de l’Arte Povera est l’adhésion au réel qui permet de revoir et de changer les conventions de l’art mais aussi de l’architecture.

Quel rapport entretenez-vous avec l’architecture ?
Je suis toujours étonné par la vie permanente, par la pérennité des pierres comparées à la vie éphémère des hommes. L’architecture rend visible la présence de l’homme sur terre. Sans l’architecture, nous n’aurions ni la mémoire ni l’histoire de l’Homme. L’architecture nous trompe aussi en étant la source d’illusions au sujet de la permanence.

Dans quelle mesure l’Arte Povera peut-il guider un architecte aujourd’hui ?
Durant mon vécu, j’ai rencontré de grands architectes mais aussi de simples maçons qui maintiennent une connaissance afin d’ériger ou de construire avec la conscience constante de la force et de la gravité, préoccupations communes aux grands architectes.

Cedro di Versailles, 2000-2003, Albero elicoidale,1988, Giuseppe Penone © Giuseppe Penone / Archivio Penone / Marian Goodman Gallery
Cedro di Versailles, 2000-2003, Albero elicoidale,1988, Giuseppe Penone © Giuseppe Penone / Archivio Penone / Marian Goodman Gallery

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Découvrez les autres artistes invités par l’architecte Rémy Marciano dans le hors-sére « L’architecutre est un territoire ».

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