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Entretien avec Dominque Coulon, architecte généreux

Groupe Scolaire Joséphine-Baker de La Courneuve ©Baya Bellanger
Groupe Scolaire Joséphine-Baker de La Courneuve
©Baya Bellanger

En novembre 2017, le salon Batimat lance, en partenariat avec L’Architecture d’Aujourd’hui, la première édition de Regard sur l’Architecture, un ouvrage et un cycle de rencontres, pour réfléchir à la place de l’usager dans la fabrique de la ville. Le groupe scolaire Joséphine Baker, livré en 2010 à La Courneuve, fait partie des projets publiés. Entretien avec Dominique Coulon, architecte d’un projet où l’architecture se met au service de la pédagogie.

L’Architecture d’Aujourd’hui : Le groupe scolaire Joséphine-Baker fait partie des réalisations présentées dans « Regard ». Que pensez-vous de cette initiative éditoriale menée par Batimat ?

Dominique Coulon : Cette initiative me semble tout à fait intéressante, voire nécessaire. Pour nous, la question des usages est une dynamique dans la fabrication du projet. Un groupe scolaire c’est un outil au service de la pédagogie, mais c’est aussi un lieu d’éveil et l’architecture y joue un rôle déterminant.

L’initiative qui consiste à ouvrir le champ de l’architecture au grand public est une très bonne chose. Les expositions qui démocratisent cette discipline sont finalement assez rares et méritent d’être saluées, ainsi que tout ce qui pourra favoriser la prise de conscience de l’importance de l’architecture dans le cadre de vie

 

AA : Sur ce projet spécifique, quel était le principal défi rencontré et comment l’avez-vous résolu ?

DC : Le groupe scolaire Joséphine Baker s’inscrit dans une démarche de renouvellement urbain. La cité des 4000 de La Courneuve se transforme pour devenir un lieu de vie apaisé. Un travail sur une nouvelle échelle de logements, le paysage mais aussi les équipements comme le groupe scolaire deviennent les pièces maitresse de ce quartier en mutation. Comme l’explique le critique Richard Scoffier, « le groupe scolaire occupe une parcelle trapézoïdale oblitérée par la zone non ædificandi correspondant à l’emplacement de l’un des deux immeubles détruits (les barres Ravel et Presov) […] L’interdiction de construire des volumes fermés sur le rectangle qui coupe sa parcelle, associée aux contraintes de densité et de hauteur, lui a permis de remettre en cause la séparation demandée entre l’école primaire et l’école maternelle. »   

Cette école affirme sa dimension publique, elle exprime une générosité volumétrique qui a la tâche de rayonner dans le site. Le bâtiment avec son travail sur la couleur crée une nouvelle hétérotopie.

Dominique Coulon ©DR
Dominique Coulon
©DR

AA : Votre projet illustre une problématique essentielle : l’adaptation de l’architecture à l’appropriation. Comment avez-vous intégré les questions d’usages dans votre projet ?

DC : Avec ses cours placées sur les toits, les usages du groupe scolaire sont réinterrogés. Les rampes, les parcours variés donnent une dimension ludique à l’équipement.  Notre architecture génère de nouveaux usages. Les espaces sont dessinés pour accueillir les pédagogies les plus innovantes. Pour nous il s’agissait de créer un univers propice à l’éveil. Il s’en dégage une atmosphère plutôt joyeuse.

 

Pour en savoir plus sur le travail et la démarche de Dominique Coulon : coulon-architecte.fr

Pour en savoir plus sur la démarche Regard sur l’Architecture, rendez-vous sur le site de Batimat.

L’Architecture d’Aujourd’hui organise aussi des visites guidées thématiques à destination des architectes pendant le salon. Pour découvrir les parcours et vous inscrire, cliquez ici.

Regard ©DR
Regard
©DR

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