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Reçu à la rédaction : la sélection livres d’AA

Découvrez la sélection de livres faites par la rédaction de L’Architecture d’Aujourd’hui en ce mois de mars 2021.

Faire et refaire
Paul Andreu, Préface de Marc Lachièze-Rey, Alma Editeur, Paris, avril 2021, 240 p. 

Faire et refaire, Paul Andreu, Alma Editeur, Paris, avril 2021 | © Alma Editeur
Faire et refaire,
Paul Andreu, Alma Editeur, Paris, avril 2021 | © Alma Editeur

« Ce recueil rassemble plusieurs essais de l’architecte Paul Andreu, écrits dans le cadre de conférences ou de communications données en France mais aussi à travers le monde. Ces textes reviennent principalement sur ses différents travaux (aéroports comme celui de Roissy, musées et bâtiments culturels comme l’Opéra de Pékin, décors de théâtre…). Ils témoignent de la richesse du parcours de celui qui fut toujours porté par « le désir d’architecture ». Ils sont aussi l’occasion d’aborder des thèmes chers à l’ingénieur tels le dessin, les mathématiques ou encore la culture, le temps et l’espace. Mais bien plus qu’une réflexion théorique sur l’architecture, il s‘agit ici d’une réflexion sur la création – réflexion in progress d’un homme qui s’interroge, qui doute, qui fait et refait, sans jamais se départir d’une forme de clairvoyance, d’un regard toujours plus fin sur le monde dans lequel il évolue et qu’il modifie par son œuvre.
« Le moment de l’architecture, écrit-il, c’est celui où l’interrogation et le désir font naître du doute un projet, qu’il faudra, dans un long travail d’élaboration, comprendre, dégager, élucider, découvrir, dévoiler. Rien je crois ne peut diminuer l’incertitudede ce moment, rien ne permet de l’aborder avec assurance (…). Libérer l’architecture de ce qui la relie au monde de l’économie, de la technique, de la politique, n’aurait aucun sens, et ce serait un terrible aveuglement que de ne pas voir tous les liens qu’elle a avec les autres arts, avec la science, avec la philosophie, avec la littérature et la poésie. » »


Renzo Piano, Building Workshop
Entre l’art et la science.
Loïc Couton, Editions Arléa, Paris, 2021, 392 p.

Loïc Couton, Renzo Piano, Building Workshop, Entre l'art et la science, Editions Arléa, Paris, 2021 | © Editions Arléa
Loïc Couton, Renzo Piano, Building Workshop, Entre l’art et la science, Editions Arléa, Paris, 2021 | © Editions Arléa

« Qu’est ce qu’un architecte ? Un projet ? Qu’est ce que l’architecture ? Des questions auxquelles il est difficile de répondre pour un architecte, s’il ne prend pas le temps de l’introspection et du recul théorique. Certains le font de manière introvertie, d’autres acceptent de livrer, à l’oral ou par écrit, quelques indices dont il faut savoir extraire les clés de leur créativité.

Tout juste diplômé de l’école d’architecture, Loïc Couton intègre l’agence parisienne de Renzo Piano en 1987. Il y travaillera jusqu’en 2005, avant d’ouvrir sa propre agence puis de s’engager dans l’enseignement et la recherche. Dix-huit année qui ont précieusement exercé son regard et son esprit.
Néanmoins ce livre n’est pas uniquement un exercice d’admiration. Il ne raconte pas seulement l’histoire des projets de Renzo Piano et de son Building Worshop, mais bien l’histoire humaine qui les relie et les processus de création qui les font naître. Pour y parvenir, Loïc Couton a choisi de laisser autant que possible la parole à Renzo Piano – qui oscille entre le dire et le faire sans jamais les dissocier –, à ses associés et à ses compagnons de route ; de les suivre dans leurs cheminements conceptuels ; de les accompagner dans leurs aventures architecturales.
Aussi s’adresse-t-il à tous en nous permettant d’approcher au plus près une pensée pour comprendre ainsi la réalisation d’une oeuvre singulière. »


Blobs
Rêves et cauchemards de l’architecture contemporaine
Emmanuel Rubio, Sens & Tonka éditeur, Paris, 2021, 392 p. 

Emmanuel Rubio, Blobs, Rêves et cauchemars de l'architecture contemporaine, Sens & Tonka éditeur, Paris, 2021| © Sens & Tonka éditeur
Emmanuel Rubio, Blobs, Rêves et cauchemars de l’architecture contemporaine, Sens & Tonka éditeur, Paris, 2021| © Sens & Tonka éditeur

« Le blob ? Qu’est-ce que c’est ?
Une fonction sur les logiciels de modélisation que commencent à utiliser les architectes au milieu des années quatre-vingt-dix ; et bientôt, le nom que prennent les architectures les plus en vue de cette nouvelle ère numérique : étranges bulles ou cocons déformés… Mais le blob, depuis 1958, est aussi cette gelée rosacée fondant depuis l’espace sur les citoyens horrifiés de Phoenixville et d’ailleurs. Et de cette calamité, qui faillit emporter Steve McQueen dès ses débuts, tous se souviennent.

Il y a une énigme du blob :
Pourquoi une révolution architecturale irait-elle trouver ses modèles dans les films d’horreur de série B ? Et un enjeu : penser l’architecture non plus en fonction de schémas techniques simplifiés, mais dans une perspective médiatique où l’informatique renouvelle les conditions de dessin, de production mais aussi, et plus largement, la sphère sociale elle-même comme l’imaginaire commun, réinventés par les réseaux et la déterritorialisation.

Avec, au bout du voyage, ce qui pourrait bien apparaître comme l’icône parfaite, et terrifiante, de l’espace néo-libéral : LE BLOB. »


La Vérité en ruines
Manifeste pour une architecture forensique
Eyal Weizman, Zones, Editions la Découverte, Paris, 2021, 192 p.

Eyal Weizman, La Vérité en ruines Manifeste pour une architecture forensique, Zones, Editions la Découverte, Paris, 2021 | © Zones, éditions la découverte
Eyal Weizman, La Vérité en ruines
Manifeste pour une architecture forensique, Zones, Editions la Découverte, Paris, 2021 | © Zones, éditions la découverte

« Et si l’architecture pouvait nous permettre de faire éclater la vérité des faits ? Grâce à de nouvelles méthodes d’investigation, l' »architecture forensique » analyse les traces sur les bâtiments afin de rétablir des vérités. Un ouvrage illustré qui offre un panorama saisissant des champs d’application de cette démarche : frappes de drones au Pakistan, prisons secrètes en Syrie, etc.

Comment, dans un paysage politique en ruines, reconstituer la vérité des faits ? La réponse d’Eyal Weizman tient en une formule-programme: « l’architecture forensique ». Approche novatrice au carrefour de plusieurs disciplines, cette sorte d’architecture se soucie moins de construire des bâtiments que d’analyser des traces que porte le bâti afin de rétablir des vérités menacées. Impacts de balles, trous de missiles, ombres projetées sur les murs de corps annihilés par le souffle d’une explosion: l’architecture forensique consiste à faire parler ces indices.
Si elle mobilise à cette fin des techniques en partie héritées de la médecine légale et de la police scientifique, c’est en les retournant contre la violence d’État, ses dénis et ses « fake news ». Il s’agit donc d’une « contre-forensique » qui tente de se réapproprier les moyens de la preuve dans un contexte d’inégalité structurelle d’accès aux moyens de la manifestation de la vérité.
Au fil des pages, cet ouvrage illustré offre un panorama saisissant des champs d’application de cette démarche, depuis le cas des frappes de drone au Pakistan, en Afghanistan et à Gaza, jusqu’à celui de la prison secrète de Saidnaya en Syrie, en passant par le camp de Staro Sajmište, dans la région de Belgrade. »


Sverre Fehn, Nordic Pavillon, Venice
Voices from the Archives
Mari Lending et Erik Langdalen, Lars Müller Publisher, Suisse, 2020, 296 p. 

Mari Lending et Erik Langdalen, Sverre Fehn, Nordic Pavillon, Venice Voices from the Archives, Lars Müller Publisher, Suisse, 2020 | © Lars Müller Publisher
Mari Lending et Erik Langdalen, Sverre Fehn, Nordic Pavillon, Venice
Voices from the Archives, Lars Müller Publisher, Suisse, 2020 | © Lars Müller Publisher

« Le pavillon nordique de Sverre Fehn à Venise est un chef-d’œuvre de l’architecture d’après-guerre. Le jeune architecte norvégien a remporté le concours pour sa conception en 1958 et le bâtiment a été inauguré en 1962. Pendant six décennies, la structure bien-aimée a été embourbée dans la phénoménologie, la poésie et la mémoire personnelle des élus. En regardant les archives, une histoire très différente se dégage.

Dans les moindres détails, ce livre présente l’histoire des origines et de la fabrication du pavillon nordique; allant du contexte géopolitique dans une atmosphère de guerre froide de plus en plus tendue, aux agrégats dans le béton de la construction audacieuse du toit, aux arbres emblématiques, dont beaucoup étaient déjà morts avant la deuxième exposition en 1964.

Sverre Fehn, Pavillon nordique, Venise. Voices from the Archives documente la vaste distribution impliquée dans la fabrication du pavillon nordique, allant des rois, premiers ministres, bureaucrates, ambassadeurs, directeurs de musée, architectes et une myriade d’associations d’artistes, aux dignitaires vénitiens, ingénieurs, jardiniers, avocats. et plombiers. Le pavillon a été conçu et construit sur fond d’amitiés et d’animosités, de jeux de pouvoir et de diplomatie. Les détours et les déceptions, les succès et les échecs de l’affaire de Venise en font un prisme en miniature pour comprendre l’état d’esprit et les ambitions contradictoires des pays nordiques dans les années 50 et 60. Richement illustrées d’images inédites, parmi lesquelles de nombreuses photographies prises par Fehn lui-même, les preuves d’archives jettent également un éclairage nouveau sur l’un des grands architectes nordiques du passé récent. »

 

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