Gehry Partners, extension du campus Facebook, Menlo Park, Californie, 2018 © Facebook
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Le bien-être au travail, modèles et pandémies

À l’heure de la première crise mondiale susceptible de forcer une remise en question de nos modes de vie contemporains, la quête du bien‑être au travail vit le pire des scénarios, apocalyptique : le bureau à domicile obligatoire. Passage en revue des espaces de travail du XXIe siècle en temps de pandémie.

Cette enquête signée Stephen Zacks, journaliste à New York, est à retrouver dans son intégralité dans le numéro 436 d'AA, disponible sur notre boutique en ligne.

Alors que le coronavirus se répandait sur la planète, nous découvrions un nouvel horizon, que la science-fiction avait entrevu depuis longtemps. Les entreprises et les pouvoirs publics ont commencé par fermer temporairement leurs bureaux, pour les remplacer par ce que l’on appelait encore récemment le télétravail. Subitement, la visioconférence est devenue la nouvelle norme, pour les écoles comme dans le monde du travail. Chacun a organisé, en arrière-plan de sa caméra d’ordinateur, un petit nid coquet qui compose la partie publique de ce bureau à domicile. L’utilité toute relative du regroupement physique des corps est apparue dès lors comme une évidence : en fin de compte, nous n’avions pas réellement besoin d’être là tous ensemble – hormis peut-être pour faire physiquement acte de présence vis-à-vis de notre employeur. Désormais, tout le monde travaille depuis la maison. Pourtant, rien de tout ça ne semble normal.

Gensler, rénovation du campus Adobe, San José, Californie, 2017 © Emily Hagopian Photography
Gensler, rénovation du campus Adobe, San José, Californie, 2017 © Emily Hagopian Photography

Avant même la crise, la tendance en matière d’architecture tertiaire allait vers davantage de souplesse et de versatilité, pour s’adapter à différents besoins. Début 2020, l’agence d’architecture, urbanisme et conseil Gensler, publiait une étude sur le thème du lieu de travail et de la mobilité aux États‑Unis (U.S. Workplace Mobility Survey). Selon cette synthèse, 24 % des employés de bureau exercent tout ou partie de leur activité professionnelle depuis leur domicile, et deux tiers d’entre eux collaborent régulièrement avec des collègues situés à distance. En outre, 60 % des personnes interrogées passent au moins une partie de la semaine ailleurs que dans leur bureau principal.

Ces quatre dernières années, le nombre de salariés ne disposant pas d’un bureau dédié a d’ailleurs été multiplié par trois, et 20 % d’entre eux utilisent les services d’un espace de coworking au moins un jour par semaine. Ces tendances reflètent bien les transformations à l’oeuvre dans le monde du travail, mais aussi les effets de la pression exercée par la hausse des loyers sur les résultats opérationnels : depuis 2010, aux États-Unis, le coût d’un espace de bureau de première catégorie (Class A) a augmenté de 25 %. Les start-ups ont, comme on le sait, cherché à allier dès le départ flexibilité et diversité, à la manière de fantasmes adolescents : espaces de convivialité ouverts, snacks en abondance et tables de ping-pong sont encore aujourd’hui des clichés incontournables du secteur.

NBBJ, siège d’Amazon, Seattle, 2018 © Sean Airhart Photography
NBBJ, siège d’Amazon, Seattle, 2018 © Sean Airhart Photography

Même le plus grand câblo-opérateur américain Comcast a installé une table de ping-pong dans les locaux de son siège social – un bâtiment à 1,5 milliard de dollars, dont les 59 étages ont été livrés l’an dernier à Philadelphie par l’agence Foster + Partners. « Les immeubles de bureau des entreprises technologiques doivent donner quelque chose en retour aux villes et aux lieux qui les accueillent. Ils doivent posséder un coeur social, s’adapter au changement et répondre au développement durable – et ne pas être simplement des lieux de travail coupés du monde », a déclaré alors Norman Foster.

 


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