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L’architecture comme écosystème du vivant

« Réfléchir au renouvellement des usages est un vaste sujet pour les architectes d’aujourd’hui. Les récentes dynamiques urbaines, la nécessité d’innover pour répondre aux nouveaux modes de vie couplées aux besoins écologiques, sociaux et économiques peuvent être vécus comme des contraintes. De notre point de vue, ils deviennent des atouts », soulignent les architectes Dimitri Roussel et Nicolas Laisné, associés de l’agence parisienne Laisné Roussel. Tribune.

© Virgin Lemon
Nice Mérida. © Virgin Lemon

Confronté à de nouvelles formes de pensée, à de nombreux changements formels et structurels, l’«ethos» de l’architecte s’étoffe. Il assemble et construit avec une vision de pérennité, de solidité et d’esthétique, mais il réfléchit aussi de plus en plus à la dynamique contemporaine, qui renouvelle et démultiplie fortement les comportements. Ainsi l’architecture se définit de plus en plus, pour nous, comme un système vivant.

L’élargissement du champ des possibles
Considérer l’architecture comme un système vivant implique de replacer le rôle de l’architecte dans le temps long de l’existence du bâtiment. C’est aussi et surtout défier ses capacités, proposer des solutions afin d’élargir le champs des possibles et répondre plus durablement aux nécessités futures. Dans ce but, nos architectures sont pensées comme des systèmes et l’architecte y tient là son rôle d’«assembleur». Opportuniste, il agrège des énergies créatives, travaille dans la collaboration, l’échange, engage plus de réflexions (attitudes, époque, climat) et confronte les points de vue.
Nous souhaitons qu’un dialogue se mette en place, que l’architecture accompagne les comportements intelligents et émotionnels des usagers et ne soit pas exclusivement un programme figé. 

Inscrire le projet d’architecture dans le futur
Depuis notre création, nous nous intéressons au développement de nouveaux usages en relation avec les fortes transformations des comportements : la manière d’habiter (L’arbre Blanc à Montpellier), les nouvelles façons de travailler (Nice Méridia) et les nouvelles formes de penser l’éducation (École Polytechnique du Campus Saclay). Travailler sur l’espace d’apprentissage et sur les formes potentielles que prendra l’enseignement dans l’avenir – problématiques d’actualité pour nous – implique de répondre à des changements actuels très forts et à une incertitude à moyen terme. Il est délicat de dire ce que sera l’éducation dans 10 ans.

© RSI Studio
École Polytechnique du campus Saclay. © RSI Studio

Les pratiques pédagogiques évoluent vers davantage de collaborations et d’échanges, appelant des espaces plus ouverts, moins solennels. La discipline et le contrôle laissent place à l’accompagnement et l’échange. Nous proposons de diversifier les espaces. Certains sont collaboratifs, d’autres des boxes individuels, certains espaces sont formels, d’autres des amphithéâtres spontanés. Lieux de vie et salles de cours sont réunis sous un même toit. L’enseignement n’est plus confiné mais ouvert, symbole d’échange. Confrontés à la nouvelle génération, dépasser la fonction initiale est un prérequis afin d’éviter l’obsolescence. Cette architecture accueille, abrite, accompagne et optimise une gymnastique intellectuelle. Par ailleurs, grâce aux vertus pédagogiques des supports digitaux contemporains qui viennent ponctuer les espaces, l’usager absorbe des informations environnementales lui permettant d’intégrer ces problématiques devenues incontournables et de s’inscrire naturellement dans une démarche écologique (Eco-gestion par exemple).

Notre vision d’architecte se développe particulièrement au contact des nouveaux modes de vie et de pensée. Donner envie, susciter les désirs, apprendre à regarder, à écouter et créer de nouvelles demandes sont pour nous les composants d’un nouveau rôle que les architectes doivent créer afin d’accompagner la vie et la ville avec un supplément d’âme.

Laisné Roussel, janvier 2017

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Vos avis (5)

  • jlo, le , a écrit:

    20/20

  • ATPV Concept, le , a écrit:

    OUI!…
    Les réalisations « modernes » de nos habitats urbains doivent servir de « refuge » et de « vitrine » à la biodiversité…
    Il faut amplifier la végétalisation de nos façades, nos balcons, nos toitures et remettre à sa place la plante dans tous les programmes d’aménagements…
    Les luttes contre les réchauffements, la pollution, le stress, l’esthétisme de nos quartiers et nos villes passent par la plante dans toute sa diversité variétale et ses palettes de formes et couleurs…
    Oui, la ville de demain, est et sera un refuge pour les plantes et les insectes « utiles »…
    Les collections végétales amènent des choix multiples et fleurir nos villes c’est aussi accueillir et intégrer les habitants aux évolutions de leur « quartiers »
    Le mieux vivre de demain, dépend des décisions et des réalisations d’aujourd’hui!…
    Je pourrai faire un livre…
    Voir ATPV Concept sur moteurs de recherches…

  • Valentin, le , a écrit:

    Je dirais comme Reyner Banham dans son livre « Los-Angeles » que la feuille de salade est-ce qui donne au hamburger sa singularité, sinon il n’est pas un hamburger ! L’inutile a donc parfois une grande utilité …

    Pour aller plus loin sur cet auteur : https://critiquedart.revues.org/572

  • JF Daures, le , a écrit:

    Mathieu Poitevin ferait mieux de lire plutôt que d’écrire !!! La végétalisation des bâtiments est bénéfique en tout point de vue : outre ses avantages indéniables en milieu urbain, elle a un impact positif sur la durabilité du bâtiment, améliore le bilan technique des constructions, atténue la réverbération acoustique et engendre une optimisation non négligeable de la gestion des eaux pluviales.
    Illustré d’exemples, de réalisations concrètes et d’entretiens exclusifs avec les professionnels, ce livre explique en détails le fonctionnement du végétal et ses caractéristiques techniques lorsqu’on l’adapte ou le couple à l’architecture. dans Architecture végétale aux éditions Eyrolles par Jean François Daures architecte http://www.eyrolles.com/BTP/Livre/architecture-vegetale-9782212126747

  • lucylam, le , a écrit:

    Quelle ignorance ! Quel conservatisme ! Vous vous attaquez à la mauvaise cible.
    Il est juste de critiquer l’hypocrisie de cette hégémonie du vert, néanmoins il faudrait – pour avoir un débat intelligent – se cultiver sur les bienfaits et l’actuelle nécessité de l’intégration du vivant.
    + Et pourquoi pas des rats et des pigeons ? Ils ne seront pas les seules espèces qui en profitent si c’est bien fait.