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Histoires d’AA, de 1930 à nos jours

Rappeler l’histoire d’une revue internationale en quelques pages, à l’époque d’une société qui se numérise : l’exercice peut sembler périlleux. Dans le cas d’un titre quasi centenaire, nourri de son histoire, et de celle, houleuse, du XXe siècle, il est nécessaire.

Cet article est extrait du n°439 de L'Architecture d'Aujourd'hui, le numéro du 90e anniversaire de la revue.

AA, une vieille dame « qui en a trop vu » ? Bien au contraire. Elle n’a jamais cessé de rajeunir et d’incarner son temps. On pourrait parler des écrans, maux du siècle qui « tuent » le papier. Des lecteurs qui délaissent les colonnes pour ne regarder que les images sur réseaux. Pas ici ! Aux nostalgiques la guerre des médias ; L’Architecture d’Aujourd’hui est avant tout un miroir, reflet jubilatoire de l’histoire du bâtiment français et international du XXe siècle – et de celui en cours.

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La revue naît en 1930, sous les mains d’André Bloc (son directeur jusqu’en 1966) et de Marcel Eugène Cahen, qui décède quelque temps avant la parution du premier numéro en novembre 1930. Sous la houlette d’un comité de patronage de renom – Auguste Perret, Robert Mallet-Stevens, André Lurçat, Henri Sauvage, Frantz Jourdain, pour ne citer qu’eux – la revue véhicule projets et discours de ce qui fait architecture en ce début de siècle, le Mouvement moderne. À ceux qui attendaient d’AA qu’elle soit le moteur de quelque contestation, d’une pensée hors cadre, André Bloc répond : « Nous estimons que ce serait sortir de notre rôle que de nous établir en censeurs impitoyables. Nous désirons que notre revue continue à être une tribune où puissent se développer librement la discussion et le jeu des idées. Notre programme est net : défendre tout effort créateur. »

Qu’on la taxe de centriste, c’est pourtant là que réside l’une des richesses, aujourd’hui, d’une revue qui s’offre en miroir non déformant de son époque. Aidée d’un réseau de correspondants internationaux, AA regarde aussi à l’étranger : États‑Unis, URSS mais aussi Algérie, Grèce, Pologne. À partir de 1933, le dossier thématique prend de l’importance et deviendra ligne de conduite – encore aujourd’hui adoptée. Dès les années 1930, l’identité de la revue s’affirme : reliée grâce à une inoubliable spirale, la composition graphique est confiée à Jacques Nathan-Garamond, à l’époque jeune maquettiste prometteur.

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Après la Seconde Guerre mondiale, l’heure est aux solutions d’urgence. « Une nouvelle ère commence, l’ère des constructeurs », écrit Pierre Vago, 35 ans et rédacteur en chef depuis 1932. La revue harmonise son discours aux efforts de reconstruction, Jean Prouvé est de (presque) tous les numéros, Richard Buckminster Fuller non loin. Peu après le décès d’André Bloc en 1966, Marc Emery est nommé rédacteur en chef.

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