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Rencontre avec les designer Briand & Berthereau

Créé en 2011 par Joran Briand et Arnaud Berthereau, le studio Briand & Berthereau a ouvert en 2019 à Saint-Pierre-Quiberon, sur la presqu’île bretonne de Quiberon, face à la mer, une annexe à leurs bureaux parisiens ; un havre de paix où concevoir autrement. Ils définissent leur approche comme « faisant le maximum avec le minimum » et présenteront ensemble, à l’occasion de la Paris Design Week (du 3 au 12 septembre 2020), la nouvelle exposition de l’Atelier Tarkett. Nous avons rencontré Arnaud Berthereau et lui avons posé quelques questions.

 

Joran Briand et Arnaud Berthereau © Olivier Roller
Joran Briand et Arnaud Berthereau
© Olivier Roller

L’architecture d’Aujourd’hui : Pouvez-vous nous présenter votre studio en quelques mots, son histoire et ses expertises ?
Arnaud Berthereau : Nous sommes le studio Briand & Berthereau, une agence de design qui travaille sur plusieurs domaines tels que l’objet, l’architecture d’intérieure, le graphisme. Le studio est né de la rencontre de Joran et moi-même, cela fait maintenant 8 ans que nous travaillons ensemble. Au fil des années nous avons eu la chance de travailler sur des projets très différents autant en terme d’échelle, de matériaux que de contextes et cela nous a conforté dans notre aspiration à mettre en relation les disciplines. C’est pourquoi chez nous, les collaborateurs sont designer et architectes.

AA : Vous revendiquez dans votre travail un design de la « frugalité ». Pouvez-vous expliquer cette démarche ?
AB : Nous avons une approche commune pour tous les projets, approche que nous souhaitons frugale en effet. Nous cherchons à atteindre un bel équilibre entre le forme et l’usage tout en optimisant les réponses aux contraintes, c’est-à-dire aller vers l’essentiel. Cela passe surtout par une réflexion en équipe où nous essayons de trouver une justesse. Le projet s’arrête quand chacun de nous n’a plus rien à ajouter ou à supprimer.

AA : La frugalité peut-elle contribuer à une sensation de bien-être au travail ?
AB : Le bien-être au travail passe par la qualité des espaces qui eux-mêmes résultent des choix de matériaux et de mobiliers, la frugalité y a sa place. Une certaine sobriété des ambiances permet, j’en suis sûr, une meilleure concentration dans son travail, car le regard n’est pas pollué par des fioritures.

West is the Best, Saint-Pierre-Quiberon, Bretagne ©Aurelien Bacquet
West is the Best, Saint-Pierre-Quiberon, Bretagne ©Aurelien Bacquet

 

AA : Vous explorez dans la série de livres West is the Best la question du travailleur nomade. Dans quelle mesure ce modèle s’applique-t-il à votre mode de fonctionnement actuel ? Pensez-vous que ce modèle puisse faire école ?
AB : West is The best nous a permis de voyager en Californie et au Mexique afin de tirer les leçons de lieux hybrides ou création et récréation sont intiment mêlés. Puis nous avons parcouru toute la côte Atlantique française pour rencontrer différents entrepreneurs et créatifs français afin de mieux saisir les difficultés de se décentraliser. Après mures réflexions, nous avons eu l’envie d’ouvrir une seconde agence en Bretagne à notre image et revendiquant nos valeurs. Nous voulions créer un lieu qui nous ressemble, un temple de la frugalité. Pour l’architecture intérieur, à l’image des projets de Cesar Manrique, nous souhaitons prendre le temps de le meubler et le décorer au fil de nos créations, de nos rencontres et des résidences artistiques. Nous souhaitons créer un lieu sincère chargé d’histoires et d’anecdotes créatives.

West is the Best, Saint-Pierre-Quiberon, Bretagne ©Aurelien Bacquet
West is the Best, Saint-Pierre-Quiberon, Bretagne ©Aurelien Bacquet

 

AA : Vous allez réaliser la prochaine exposition de l’Atelier Tarkett, à l’occasion de la Paris Design Week (du 3 au 12 septembre 2020). Une exposition qui questionnera nos nouvelles manières de travailler, nos nouvelles habitudes. Pouvez-vous nous en dire plus ?
AB : Impossible de ne pas parler de l’expérience du confinement, tout le monde l’a vécu et tout le monde en a tiré son expérience. Aussi compliqué que cela ait été, il faut avouer que le Covid-19 a peut-être permis d’accélérer les nouvelles approches liées au travail (déjà bien bouleversées par le coworking). Le télétravail va désormais peser dans la balance et devenir une véritable solution qui ne concernera plus seulement les indépendants. Se pose alors la question des espaces de travail… Sont-ils voués à disparaitre ? À diminuer ? À rétrécir ? Avant le Covid-19 nous étions déjà en pleine mutation, les entreprises soucieuses de la qualité de vie au travail offraient déjà des bureaux plus liés au domestique : espace détente rempli de canapé, salle de créativité, salle de sport, etc. La tendance devrait donc se confirmer car on viendra demain au travail non pas pour des tâches répétitives mais pour des moments choisis : réunion et/ou travail collaboratif, travail solitaire au calme, événements ou expériences à vivre, etc.
Pour l’exposition Tarkett notre but a justement été de créer un environnement idéalisé qui offre tous les usages retranscrit ci-dessus. Ainsi nous aurons trois espaces : l’espace flexible – avec des bancs de différentes tailles et hauteurs qui permettent de composer plusieurs solutions d’aménagements ; l’espace détente – avec des modules en arc de cercle comme un immense matelas ; et l’espace réunion – avec une table et différentes assises.

 

esquisse du projet d'installation à l'Atelier Tarkett ©Briand & Berthereau
esquisse du projet d’installation à l’Atelier Tarkett ©Briand & Berthereau

 

Le site de Briand & Berthereau.

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