Un modèle urbain réinventé

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Un modèle urbain réinventé

PAR JEAN-LOUIS COHEN
 
À la fin du XXème siècle, New York pouvait, à plus d'un titre, être considérée comme une métropole du passé, où l'innovation était tarie, et où l'architecture commerciale régnait sans partage. 
 
L'innovation, qui fut l'une des industries de la ville, qu'elle se soit déployée dans le champ des techniques avec la navigation à vapeur de Fulton, les ascenseurs d'Otis ou l'éclairage électrique d'Edison, ou dans le champ de l'urbanisme avec la grille de 1811, Central Park et le règlement de zoning de 1916, semblait oubliée.
 
L'hégémonie des entreprises marchandes, la médiocrité de la commande publique, et l'absence de vision planificatrice se conjuguaient pour donner de New York l'image même du conservatisme, du cynisme et de l'ennui, alors que l'excitation semblait plutôt provenir de villes neuves, en apparence moins corsetées par les règlements, comme Los Angeles, Houston, voire Atlanta. Vingt ans après son magistral New York Délire, Rem Koolhaas consacra d'ailleurs un temps son attention à cette dernière, se réjouissant de voir se déployer dans la métropole géorgienne un urbanisme sans zoning, et affirmait à qui voulait l'entendre que New York était une ville finie... 
 
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