Projet éducatif Arcadia, Saif Ul Haque Sthapati architectes, Kanarchor Sud, Bangladesh © Sandro di Carlo Darsa
Projet éducatif Arcadia,
Saif Ul Haque Sthapati architectes, Kanarchor Sud, Bangladesh © Sandro di Carlo Darsa

Actualités

Prix Aga Khan 2019, les lauréats

Depuis 1977, le Prix Aga Khan d’Architecture récompense tous les trois ans des projets « qui ont su établir de nouveaux standards d’excellence en matière d’architecture, d’aménagement urbain ou paysager, et de préservation de sites historiques ». Présidé par Son Altesse l’Aga Khan, le prince Karim Al-Hussaini, le jury de cette édition 2019 comptait 9 membres, dont des architectes, comme David Chipperfield et Elizabeth Diller, mais aussi des professeurs et philosophes. Les 6 lauréats de cette édition viennent s’ajouter aux 122 récipiendaires du prix depuis sa création il y a 42 ans.

Projet éducatif Arcadia
Saif Ul Haque Sthapati architectes, Kanarchor Sud, Bangladesh

Après avoir enseigné pendant une quarantaine d’années au Royaume-Uni, Razia Alam, présidente de Maleka Welfare Trust, une organisation privée de protection sociale, retourne dans son pays d’origine le Bangladesh, où elle décide de fonder une école pour enfants défavorisés. Suite à l’expiration du bail de l’école maternelle déjà dirigée par Maleka Welfare Trust, l’organisation décide d’acheter un terrain.

Le projet consiste en une structure modulaire, novatrice, incorporant des espaces pour une école maternelle, un dortoir, une crèche et un centre de formation, tout en étant adaptée au site fluvial inondé cinq mois par an. Plutôt que de perturber l’écosystème et utiliser les méthodes conventionnelles de surélévation du terrain, l’architecte a opté pour une construction amphibie à la fois ancrée dans le sol et capable de flotter en fonction des variations saisonnières.

« Le projet s’efforce d’améliorer la qualité de vie des habitants, de contribuer au développement social et économique en offrant des solutions innovantes en réponse à la montée des eaux et à l’accès à l’éducation dans les collectivités rurales. »

Aga Khan Trust for Culture : Sandro di Carlo Darsa (photographer)
Aga Khan Trust for Culture : Sandro di Carlo Darsa (photographer)

 

Arcadia Aga Khan Trust for Culture : Sandro di Carlo Darsa (photographer)
Arcadia Aga Khan Trust for Culture : Sandro di Carlo Darsa (photographer)

Fiche technique
Maîtrise d’ouvrage : Maleka Welfare Trust
Architecte : Saif Ul Haque Sthapati, Dhaka, Bangladesh (Saif Ul Haque, architecte principale, Salma Parvin Khan, architecte associée)
Superficie totale du site : 486 m2
Coût : 50 800 USD
Calendrier : 2012-2014 (conception), 2014-2016 (chantier)

Programme de Développement des Espaces Publics
Institute for Urban Development of the Republic of Tatarstan, Fédération de Russie

Devenu un modèle pour la Fédération Russe, le Programme de Développement des Espaces Publics, mise en place par le Président du Tatarstan en 2015, vise à contrer la tendance à la propriété privée par l’aménagement d’espaces publics de qualité au service de la communauté locale. Depuis 2015, le projet a transformé et réhabilité 328 espaces dans chacun des 45 districts municipaux de la République, couvrant 33 villages, 42 villes dont deux majeures, tout en tenant compte à chaque fois du contexte historique et de l’identité du lieu. Le programme prévoit dix types d’aménagement différents: plans d’eau, étangs, digues, plages, parcs, jardins publics, boulevards, places, rues et trottoirs, avec des infrastructures consacrées à des activités culturelles pour la plupart.

« L’ampleur et la diversité des 185 projets achevés fin 2017, ont nécessité différents types de réponses et d’idées. Il est évident que le succès durable du projet réside non seulement dans sa vision plus large et son leadership politique, mais aussi dans son processus de réalisation, mettant l’accent sur l’engagement et le dialogue, la participation et l’encouragement des jeunes architectes et designers, ainsi que l’engagement des usagers et de la communauté. »

Rives du Kaban Lake. Au fond, la mosquée Al-Marjani, vue depuis le Kamala Theatre square, Kazan © Daniil Shvedov
Rives du Kaban Lake. Au fond, la mosquée Al-Marjani, vue depuis le Kamala Theatre square, Kazan © Daniil Shvedov

 

Vue aérienne de la piscine de la Ville d'Almetyevsk © Ivan Petrov
Vue aérienne de la piscine de la Ville d’Almetyevsk © Ivan Petrov

Fiche technique
Maîtrise d’ouvrage : Rustam Minnikhanov, President of the Republic of Tatarstan
Conception : Natalia Fishman-Bekmambetova, conservatrice
Réalisation : Institute for Urban Development of the Republic of Tatarstan, Kazan, Fédération de Russie (Ksenia Rassman, directeur ; Roman Karachev, principal adjoint de direction ; Ainaz Yarmiev, chef de projet, Département d’architecture ; Denis Dmitrienko, directeur artistique et chef de projet, Département communication visuelle ; Maria Gorozhaninova, direction, Département communication externe)
Superficie du site : 68 000 km2
Coût : 173 521 000 USD
Calendrier : 2015-2022 (conception, en cours), 2015-2022 (chantier, en cours)

Centre Wasit Wetland
X-Architects, Sharjah, Émirats Arabes Unis

Le Centre Wasit Wetland de Sharjah a transformé une friche en zone humide et fonctionne comme catalyseur pour la biodiversité et l’éducation à l’environnement. Élément d’un projet de plus vaste envergure dont l’objectif est de nettoyer et réhabiliter un ancien réseau de zones humides le long de la côte du Golfe Persique, le Centre Wasit Wetland vise à informer le public de cette démarche, à fournir des informations sur son environnement et à encourager sa préservation.

L’architecture du centre exploite la topographie existante du site afin de minimiser l’impact visuel de la structure. Au milieu des 200 000 m2 du site, six abris ont été construits à proximité du lac. Ces refuges, dissimulés dans leur environnement, sont réalisés en plastique recyclé imitant le bois, renforçant ainsi la dimension écologique du projet. Autrefois mal entretenu, cet écosystème indigène est devenu un endroit populaire et apprécié des visiteurs et des habitants de Sharjah qui apprennent ainsi à connaître la faune régionale.

« Le projet crée un exemple sans précédent de développement à faible impact, respectueux de l’environnement dans une région qui œuvre habituellement dans la direction opposée. »

© X-Architects : Nelson Garrido (photographer)
© X-Architects : Nelson Garrido (photographer)

 

© Aga Khan Trust for Culture : Cemal Emden (photographer)
© Aga Khan Trust for Culture : Cemal Emden (photographer)

Fiche technique
Maîtrise d’ouvrage : EPAA (Environmental and Protected Areas Authority), Sharjah, Émirats Arabes Unis
Architecte : X-Architects
Superficie totale du site : 200 000 m2
Coût : 7 600 000 USD
Calendrier : 2012-2014 (conception), 2014-2015 (chantier)

Unité d’enseignement et de recherche de l’Université Alioune Diop
IDOM, Bambey, Sénégal

L’Université Alioune Diop fut fondée en 2007 dans le cadre des efforts déployés par le gouvernement sénégalais pour décentraliser l’enseignement supérieur et encourager les jeunes à rester dans les zones rurales, en fournissant des programmes éducatifs adaptés. En 2012, un projet d’extension est lancé, dont l’Unité d’enseignement et de recherche de l’Université Alioune Diop constitue le site principal.

À Bambey, où l’emploi de stratégies bioclimatiques pallie le manque de ressources, le projet présente un large auvent et un mur en treillis qui protègent le bâtiment du rayonnement direct du soleil, tout en laissant l’air circuler. Par le recours à des techniques de construction locales et les principes de durabilité, le projet a réussi à maintenir les coûts et les exigences d’entretien au minimum, tout en fournissant une réponse architecturale audacieuse.

« Les techniques de construction employées ici peuvent servir de prototype pour la réalisation d’autres bâtiments. Le processus de développement durable qui en découle, peut servir de modèle de référence pour la mise en œuvre d’une architecture contextuelle, respectueuse de l’environnement. »

© Aga Khan Trust for Cultur: : Chérif Tall (photographer)
© Aga Khan Trust for Cultur: : Chérif Tall (photographer)

 

© Aga Khan Trust for Cultur: : Chérif Tall (photographer)
© Aga Khan Trust for Cultur: : Chérif Tall (photographer)

Fiche technique
Maîtrise d’ouvrage : Ministère de l’Urbanisme, Ministère de l’Enseignement supérieur, Agence de Construction des Bâtiments et Édifices Publics, Banque Mondiale
Architectes : IDOM
Superficie totale du site : 11 500 m2
Superficie totale au sol : 6 895 m2
Paysage, superficie extérieure (bassins et canaux de pluie) ; 4 316 m2
Coût : 6 700 000 USD
Calendrier : 2013 (conception), 2015-2017 (chantier)

Revitalisation de Muharrak, Sheikh Ebrahim Centre for Culture and Research
Muharrak, Bahreïn

Muharrak, capitale historique du commerce des perles de la péninsule arabique, a joué un rôle crucial dans l’économie du royaume de Bahreïn. Dans les années 1930, suite au développement des perles de culture, la ville tombe en désuétude et perd son rôle de capitale qu’elle cède désormais à Manama, puissante par sa richesse pétrolière. Initié sous l’égide du Sheikh Ebrahim Centre for Culture and Research, un certain nombre de projets de restauration et conservation sont à l’origine de ce qui s’est transformé en un vaste programme intitulé «Pearling Path, Testimony of an Island Economy», impliquant architectes, urbanistes et chercheurs.

Le programme met en exergue l’histoire du commerce perlier de la ville, comprend la préservation de nombreux sites et bâtiments et prévoit également la modernisation d’anciennes structures et la construction de quatre nouveaux bâtiments. En outre, un sentier urbain permet aux visiteurs de découvrir le site et les espaces publics nouvellement créés.

« Les interventions, qui s’étendent sur près de deux décennies, se veulent progressives, évolutives, flexibles, en adéquation avec la ligne directive du projet et démontrent la persévérance et la vision à long terme de ses instigateurs. »

Un des 18 nouveaux espaces publics. Par OFFICE et Bureau Bas Smets © Aga Khan Trust for Culture : Cemal Emden (photographer)
Un des 18 nouveaux espaces publics. Par OFFICE et Bureau Bas Smets © Aga Khan Trust for Culture : Cemal Emden (photographer)

 

House of Architectural Heritage, par Noura Al Sayeh et Leopold Banchini © Dylan Perrenoud
House of Architectural Heritage, par Noura Al Sayeh et Leopold Banchini © Dylan Perrenoud

Fiche technique
Maîtrise d’ouvrage : Shaikh Ebrahim Centre for Culture and Research
Architectes :
Nuzul Guest House, Kurar House for Traditional Embroidery : Gulf House Engineering, Design Habib Associates ;
Memory of the House : Design Habib Associates ;
Search Library : Atelier Bow-Wow ;
House for Architectural Heritage : Noura Al Sayeh, Leopold Banchini Architects ;
Pearling Path Visitor Centre : Valerio Olgiati, Emaar Engineering ;
Pearling Path Squares : Bureau Bas Smets, OFFICE Kersten Geers David Van Severen, Gulf House Engineering ;
Archaeologies of Green Pavilion : Studio Anne Holtrop ;
Dar Jinaa : OFFICE Kersten Geers David Van Severen, Emaar Engineering ;
Bu Maher Fort Visitor Centre : PAD architects ;
Suq Al Qaysariyyah Rehabilitation and Conservation, Rehabilitation of Siyadi and Murad Clusters, Shaikh Isa Bin Ali House : Studio Anne Holtrop.
Superficie totale du site : 330 000 m2
Coût : 92 000 000 USD
Calendrier : 2010-2013 (conception), chantier en cours

Musée Palestinien
Heneghan Peng architects, Birzeit, Palestine

Construit pour célébrer le patrimoine palestinien et dans le but de «favoriser une culture de dialogue et de tolérance», le musée est un projet phare d’une des plus grandes ONG palestinienne, réalisé avec le soutien de l’Université de Birzeit. Le site est délimité par les murs de terrasses agricoles en pierres sèches (sanasil), érigés par la communauté locale pour adapter le terrain à l’agriculture. Sélectionné à l’issue d’un concours international, le design s’inspire du cadre environnant auquel le bâtiment est solidement ancré.

Les formes en zigzag de l’architecture du musée et des jardins à flanc de colline s’inspirent des terrasses agricoles environnantes. Le calcaire palestinien, extrait localement près de Bethléem, est utilisé à la fois pour le revêtement de la façade et le pavage extérieur, unifiant ainsi le projet.

« L’existence même du bâtiment, le détail et la perfection de sa conception — construit malgré les conditions d’occupation et de siège — symbolise l’espoir pour les générations actuelles et futures. »

© Aga Khan Trust for Culture : Cemal Emden (photographer)
© Aga Khan Trust for Culture : Cemal Emden (photographer)

 

© Aga Khan Trust for Culture : Cemal Emden (photographer)
© Aga Khan Trust for Culture : Cemal Emden (photographer)

Fiche technique
Maîtrise d’ouvrage : Taawon Welfare Association
Architectes : heneghan peng architects
Superficie totale du site : 40 000 m2
Superficie totale au sol : 3 085 m2
Superficie du jardin : 26 000 m2
Coût : 24 300 000 USD

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