Collaborations

Concours Vicat : Le processus dynamique de la friche

Dans le cadre du concours étudiants Comment Régénérer la ville, organisé par le cimentier Vicat, les équipes participantes ont été invitées à réfléchir à de nouvelles manières d’habiter un bâtiment d’habitat social collectif installé au cœur du site Mermoz Sud, à Lyon.
Contrairement aux projets récompensés par le jury, ce prix du public propose un processus d’accompagnement des temps de latence durant les travaux de requalification urbaine. Entre participation citoyenne et dynamique de la friche, explications d’Anaëlle Ceré, Sydney Collin, Axel Felizat, Apolline Juillet et Loris Pisanu.

Perspective Processus dynamique

Pourquoi avez-vous privilégié la mise en place d’un processus plutôt qu’un projet uniquement architectural ?

Dès notre première visite du quartier de Mermoz, le dépeuplement progressif des barres de logements nous a frappé. Les immeubles se vidant progressivement, des familles continuent à vivre face à des portes blindées. Nous voulions valoriser cette période de latence en maintenant une activité au sein de l’immeuble et du quartier, même une fois vidé de la moitié, des trois-quarts, ou de la totalité de ses habitants. La problématique étant complexe, un objet ne pouvait y répondre. Nous avions la conviction que les innovations devaient être apportées à la racine du problème, à savoir la planification du renouvellement urbain.

Avez-vous construit ce processus à partir d’échanges avec les habitants ?

Notre intention première était de travailler avec les habitants et les associations du quartier mais cela n’a pas été possible dans les délais imposés. Nous restons convaincus qu’un travail plus collaboratif est indispensable à la bonne réalisation de notre démarche. Nous avons le sentiment que la consultation des habitants peut être l’une des solutions pour repenser la ville durablement, mais cette pratique n’est pas encore assez prise en considération.

 Selon vous, votre projet est il viable vis-à-vis des pratiques actuelles de régénération de la ville ?

Notre projet est une alternative : il est relativement en marge de ce qui se pratique actuellement et nous avons conscience de son caractère utopique. Cependant, nous sommes persuadés qu’il porte l’idée d’une ville meilleure, renouvelable et durable. Nous n’avions pas la prétention de développer, en six mois seulement, un système infaillible. Notre ambition était de proposer quelque chose de nouveau et d’amorcer un débat avec des acteurs de la construction tels Vicat et nos différentes écoles. Ainsi, nous revendiquons le caractère utopique et décalé de notre projet. Notre constat sur les manières dont se régénère la ville étant plutôt négatif, il nous paraissait important de montrer que notre génération de futurs architectes reste malgré tout optimiste.

Entretien réalisé par Garance Sornin

L’équipe :

Anaëlle Ceré – Étudiante paysage ENSP
Sydney Collin – En double cursus architecte-ingénieur ENSAL INSA
Axel Felizat – Étudiant architecte ENSAL
Apolline Juillet – Étudiante ingénieur INSA
Loris Pisanu – Étudiant architecte ENSAL

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