Façade nord vue depuis le port © Michèle Clavel
Avec ses 147 mètres de haut, la tour CMA-CGM, livrée en 2011 par Zaha Hadid, compte 12 mètres de plus que la Marseillaise. "Je suis très content de ces mètres en moins qui valorisent la dame", assure Jean Nouvel. © Michèle Clavel

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La Marseillaise, ici et maintenant

Avec la Marseillaise, Jean Nouvel confirme une fois encore qu’il est l’architecte d’objets singuliers. Sur le port de la cité phocéenne, face à la mer, il vient tout juste de livrer, pour le groupe Constructa, un immeuble de bureaux dont les assemblages de brise-soleil dessinent des variations empruntant aux couleurs de Marseille, à son port, ses calanques, son horizon, son ciel, ses toits. Un hymne de 135 mètres de haut et 31 étages. Entretien.

L’Architecture d’Aujourd’hui : Selon Marc Pietri, président du groupe Constructa, « on ne donne pas de cahier des charges à Jean Nouvel ». Pour autant, quand il vous a sollicité, quel était son désir ?

Jean Nouvel : Marseille est la ville de Marc Pietri et le site sur lequel s’élève la Marseillaise est un site complexe, mais aussi un site affectif, où il fait travailler son fils [l’architecte Jean-Baptiste Pietri, chargé de la conception de deux tours résidentielles : La Porte Bleue et H99, ndlr]. L’opération des Quais d’Arenc n’est donc pas pour lui un simple projet de promotion. Marc Pietri s’est adressé à moi car il sait que je m’intéresse aux bâtiments qui marquent les villes. J’avais bien sûr des consignes dimensionnelles, dont celle d’être juste en dessous de la tour de Zaha Hadid – ce que j’ai fait avec amitié et plaisir. J’ai d’abord pensé à tout cela, sans les contraintes habituelles des promoteurs ; nous n’avons pas parlé de typologies. Je ne crois qu’à la situation. Les immeubles de grande hauteur sont des archétypes, des produits codés, autonomes et automatiques, qui se répètent. On pouvait essayer de faire là le contraire de ce qui se fait souvent : quatre façades identiques en verre réfléchissant. Je voulais que cette tour appartienne à Marseille. Or, il y avait déjà une voisine tout à fait significative et ces deux tours-là vont se voir longtemps ensemble : il s’agissait d’abord d’établir une complémentarité entre deux objets répondant à des logiques architecturales et esthétiques différentes, qui ne ressemblent pas à la plupart des tours des quartiers tertiaires. Celle de Zaha Hadid a un élan, une énergie, ses courbes sont puissantes, elle est sombre, elle a une traîne et je suis derrière pour tenir le bout de la traîne. La Marseillaise s’inscrit dans une dimension plus légère. Elle appartient à son lieu et elle marque son lieu. Appartenir au lieu, cela ne signifie pas disparaître : on s’inscrit au contraire dans une esthétique de l’apparition et de l’imprégnation. La Marseillaise est là naturellement, comme un gabarit, comme une quantité d’espace à occuper, sans jeu formel. C’est un dessin inachevé, avec des traits qui apparaissent et disparaissent…

Retrouvez l’intégralité de cet entretien mené par Emmanuelle Borne dans le N°427 de L’Architecture d’Aujourd’hui, disponible sur notre boutique en ligne

© Michèle Clavel
© Michèle Clavel
© Michèle Clavel
© Michèle Clavel
© Michèle Clavel
© Michèle Clavel

Élévation © Ateliers Jean Nouvel

Repérage en élévation des couleurs en façades. Les surfaces de la tour sont recouvertes, au sud et à l’est, de 3 850 pièces de brise-soleil. 27 nuances de bleu, rouge et blanc ont été déclinées. © Ateliers Jean Nouvel

 

Plan © Ateliers Jean Nouvel
Principe de colorimétrie d’un étage. Les variations de couleurs des brise-soleil de prolongent sur les plafonds, qui sont uniques à chaque étage.  © Ateliers Jean Nouvel

 

 

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