• Gates of Light ©Studio Roosegaarde

  • Gates of Light ©Studio Roosegaarde

  • Gates of Light ©Studio Roosegaarde

  • Gates of Light ©Studio Roosegaarde

  • Gates of Light ©Studio Roosegaarde

  • Gates of Light ©Studio Roosegaarde

  • Gates of Light ©Studio Roosegaarde

Actualités

Gates of Light, retour vers un futur écologique

Gates of Light ©Studio Roosegaarde
Gates of Light, © Studio Roosegaarde

Gates of Light est une installation lumineuse qui souligne l’architecture de 60 portes d’écluse, la nuit, au passage des voitures. À mi-chemin entre architecture, ingénierie et film de science-fiction, l’intervention de Daan Roosegaarde fait partie d’une dynamique plus large de rénovation et de mise en valeur de l’Afsluitdijk, une digue de 32 km de long au Nord des Pays-Bas.

Aux Pays-Bas, les digues revêtent un caractère presque sacré. Dans un pays où près d’un tiers des terres sont situées sous le niveau de la mer, ces installations souvent monumentales se situent à la frontière entre ouvrage d’art et œuvre d’architecture. Construit entre 1927 et 1932, l’Afsluitdijk sépare le lac artificiel de l’Ijssel et la mer des Wadden, il se situe au Nord-Est d’Amsterdam. Cet ouvrage d’art hors-norme protège les terres intérieures des crues et des marées. Il est le plus important des travaux du Zuiderzee, titanesques aménagements du territoire au 20e siècle, pour transformer la mer intérieure des Pays-Bas en lacs. De part et d’autre de la digue, 60 portes d’écluses contrôlent le niveau d’eau en permanence ; elles sont l’œuvre de Dirk Roosenburg, architecte néerlandais, et grand-père de Rem Koolhaas. 85 ans après leur mise en service, la violence des crues et des vents marins a rongé les bétons. Dans le cadre des grands travaux pour renforcer la digue, le gouvernement a missionné Studio Roosegaarde pour la rénovation et la mise en valeur de cet ouvrage d’art.

Gates of Light ©Studio Roosegaarde
Gates of Light, © Studio Roosegaarde
Gates of Light ©Studio Roosegaarde
Gates of Light, © Studio Roosegaarde

Pour Daan Roosegaarde, architecte et designer en charge du projet, il n’était pas question de modifier ou d’ajouter quelque chose à l’architecture de ces portes. « Ce sont de beaux bâtiments, ces portes sont dessinées comme des temples » affirme-t-il. Pour valoriser cet équilibre entre ingénierie de pointe et architecture, le Studio Roosegaarde a recouvert les lignes de forces des 60 portes de bandes réfléchissantes, discrètes de jour, et qui, la nuit, illuminent la digue lors du passage des voitures grâce à la lumière des phares. Le choix des catadioptres, la base qui permet aux faisceaux lumineux de réfléchir, est issu de la combinaison de différents paramètres : d’un côté, la contrainte des conditions météorologiques, qui auraient trop rapidement abimé une installation classique, de l’autre la volonté de limiter la pollution lumineuse, tout en faisant interagir le mouvement des voitures avec l’architecture.

Gates of Light ©Studio Roosegaarde
Gates of Light, © Studio Roosegaarde

Le résultat semble irréel, comme si les voitures étaient subitement plongées dans un film de science fiction. Daan Roosegaarde l’assure, cette installation est l’exemple concret d’un paysage futuristique et neutre en énergie. L’idée derrière le dispositif est, par ailleurs, empruntée à la nature : la structure des bandes imite les ailes iridescentes des papillons, et se veut être la preuve que le design et l’architecture peuvent mêler à la fois le patrimoine, l’esthétique et une conscience écologique.

Gates of light est l’une des trois installations du projet de mise en valeur de l’Afsluitdijk, nommé Icoon Afsluitdijk. Les deux autres installations sont Windvogel, un dispositif de cerfs-volants qui, lancés de nuit, produisent de l’énergie en activant un mouvement de dynamo au sol, et Glowing Nature, une exposition dans un des bunkers de la digue, où les visiteurs interagissent avec des algues bio-luminescentes, présentées comme le futur de l’éclairage urbain. Ces deux installations sont visibles jusqu’au 21 janvier 2018, alors que Gates of Light est prévu pour durer une cinquantaine d’années. Avant le projet Icoon Afsluitdijk, le Studio Roosegaarde avait déjà traité la question de la mise en valeur des installations de contrôle des eaux : Waterlicht était une installation lumineuse immersive, présentant le niveau auquel serait l’eau sans la présence des digues et des dispositifs de protections hydrauliques, cette installation fût présentée pour la première fois au Museumplein d’Amsterdam en 2015.

Jacob Durand

Gates of Light ©Studio Roosegaarde
Gates of Light, © Studio Roosegaarde

 

Réagissez à cet article