© Pierre Antoine
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L’architecte manager, selon l’ENSA Versailles

Depuis avril 2018, l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles (ENSA-V) et l’ESSEC Business School ont mis en place un double diplôme d’« Architecte-Manager ». Une initiative éprouvée depuis quelques années par l’ENSA Nantes qui, avec l’école supérieure de commerce Audencia, a donné naissance à un double cursus du même nom en 2015. À Versailles, cette formation d’une durée totale de cinq ans, suivie en alternance dans les deux écoles, débouche sur l’obtention à la fois du Diplôme d’État d’architecte et de l’ESSEC Grande École.

« Ce double diplôme se fonde sur la diversité des étudiants et de leurs savoirs et constitue un espace de réflexion visant à étendre les outils et les pratiques liés au développement du projet », souligne l’architecte Emmanuel Combarel, enseignant à l’ENSA-V. Pour en savoir plus sur l’origine de cette initiative, ce qu’elle dit de la profession d’architecte et sur ses objectifs, rencontre avec Jean-Christophe Quinton, directeur de l’ENSA-V.

L’Architecture d’Aujourd’hui : Qu’est ce qui a poussé l’ENSA-V à la création d’un tel diplôme ?
Jean-Christophe Quinton : Depuis plusieurs années nous travaillons avec l’ESSEC — membre comme nous de la communauté d’établissements d’enseignement supérieur Paris-Seine — sur des projets pédagogiques très concrets impliquant notamment des collectivités territoriales. La convergence de nos deux établissements nous a toujours paru évidente. Notre partenariat est fondé sur des valeurs communes : une forte orientation vers l’international, un engagement en faveur de la démarche de projet, outil de maîtrise et de développement personnel des étudiants, un positionnement à l’articulation de la recherche et des échanges avec les acteurs économiques et sociaux, ainsi qu’une vision partagée des nouveaux enjeux des métiers auxquels nous formons nos étudiants.

AA : La mise en place de cette formation part-elle d’une constatation faite au sein de la profession ? Ou cela répond-t-il à une demande de vos étudiants ?
JCQ : 
 À l’origine de ce partenariat, prévaut l’idée selon laquelle, par une hybridation de nos visions, de nos pratiques et de nos compétences, nous pouvons former des professionnels davantage capables de répondre aux nouveaux défis de la conception et de la production du monde bâti, à toutes les échelles. La nécessité de former des acteurs à l’aise tant en matière de conception, d’architecture qu’en matière d’économie et de management nous apparaît comme une transversalité opérationnelle prometteuse. Hybrider des stratégies spécifiques à chaque discipline permettra d’envisager et de porter des projets très innovants.
L’accélération de l’urbanisation, la préservation des ressources environnementales et les changements de mode de vie qu’elle appelle, la révolution numérique et ses multiplies impacts techniques, économiques et sociaux, la nécessité d’apporter des réponses diversifiées et équitables… sont autant de sujets cruciaux à partir desquels les étudiants qui suivent ce double-cursus, en alternance dans les deux écoles, pourront développer des réponses nouvelles.
Il y a deux ans, quand nous avons sondé l’ensemble nos étudiants de l’ENSA-V sur l’intérêt de développer un cursus avec l’ESSEC, nous avons reçu des réponses très enthousiastes. Nous avons donc répondu à une véritable attente qui se confirme à travers l’attrait que de cette formation suscite chez nos étudiants.

AA : Qu’attendez-vous de ce double-diplôme ?
JCQ : 
L’objectif visé par ce double-cursus, en conjuguant les deux cultures de l’architecture et du management, est de former des professionnels capables de répondre aux besoins de conduite de projet des grandes agences internationales pluridisciplinaires d’architecture ou d’urbanisme ou des grands maîtres d’ouvrage publics et privés. Les débouchés professionnels sont diversifiés : agences d’architecture ou d’urbanisme et de développement économique, établissements publics ou sociétés publiques locales d’aménagement et de développement, sociétés d’investissement ou de promotion privée, direction immobilière des grands groupes internationaux, ou encore nouveaux métiers de la transformation digitale de l’architecture et de l’urbanisme et des services urbains.

 

© Salem Mostefaoui
© Salem Mostefaoui

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