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Archi en aparté : FRESH Architectures

À la manière d’un court questionnaire de Proust, AA interroge les architectes sur leur métier, leurs projets, leur vision de l’avenir. Aujourd’hui, rencontre avec l’agence FRESH Architectures, fondée en 2007 par Julien Rousseau, Ulisse Gnesda et Luca Battaglia. L’agence s’est récemment faite remarquer avec la livraison d’« Allure », un projet au cœur de l’opération d’aménagement urbain Clichy-Batignolles, à Paris.

Julien Rousseau, Ulisse Gnesda et Luca Battaglia © Julien Mignot
Julien Rousseau, Ulisse Gnesda et Luca Battaglia © Julien Mignot

Être architecte c’est…
Julien Rousseau : Une envie d’être au contact de plusieurs métiers et échelles.
Luca Battaglia : Bâtir les rêves des autres.
Ulisse Gnesda : Être chef d’orchestre.

Mon meilleur souvenir d’architecture.
JR : Un match de football au Stade Municipal de Braga (Portugal) !
LB : La chapelle Notre-Dame du Haut sur la colline Bourlémont à Ronchamp, réalisée par Le Corbusier.
UG : La perspective sur le toit du musée Revoltella à Trieste de Carlo Scarpa, une vision qui m’intriguait depuis une fenêtre de mon école primaire.

Ma commande idéale.
JR : Elle n’est pas forcément programmatique, elle est très liée aux acteurs. Pour moi, ce serait une osmose entre un commanditaire, un architecte et une entreprise.
LB : Toutes, car à chaque fois on recommence à zéro, c’est toujours un nouveau défi. J’adore cette phrase en italien : « chi non risica, non rosica ». Cela signifie : « qui ne prend pas de risque, ne va nulle part. »
UG : Un îlot en centre-ville, puisque le rôle de l’architecte est de plus en plus responsabilisé par des enjeux urbains.

Projet de logements à Versailles © FRESH Architectures
Projet de logements à Versailles © FRESH Architectures

Le projet que j’aurais aimé gagner.
JR : Un que j’ai perdu ! L’extension de l’Organisation Mondiale du Commerce à Genève.
LB et UG : Le centre Pompidou de Paris.

Le projet dont je suis le plus fier.
JR : Pas nécessairement un projet d’architecture, mais plutôt le projet de FRESH Architectures lui-même. La création d’une équipe, c’est un projet en soi : rassembler des architectes capables de s’entendre et de créer ensemble.
LB : Le projet de logements « Allure » dans le quartier Clichy-Batignolles à Paris. Mais si vous me posez la question dans un an ça sera un autre, c’est toujours le dernier livré dont je suis le plus fier.
UG : Notre projet de logements à Stalingrad (Paris) pour son intégration dans son contexte et le projet « Refuge » à Versailles pour son dialogue entre l’histoire et le présent, qui sera livré en 2020.

Ma référence en architecture.
JR : Le musée Casa das Histórias Paula Rego d’Eduardo Souto de Moura à Cascais (Portugal) ou le River and Rowing Museum de David Chipperfield à Henley-on-Thames (Royaume-Uni).
LB : J’ai décidé volontairement de ne pas en avoir car chaque projet doit s’imprégner de sa propre réflexion et s’adapter au contexte.
UG : L’architecte Alvar Aalto, car il a réussi à maitriser toutes les échelles : objets, architecture, ville.

Mon métier dans 20 ans.
JR : Difficile d’anticiper la manière de pratiquer l’architecture dans 20 ans. C’est un métier d’avenir si et seulement si, l’architecte reste un agent provocateur !
LB : « Je suis architecte, ce n’est pas mon métier », j’entends par là que pour se qualifier on utilise le verbe « être » cela signifie l’incarner, donc dans 20 ans ça sera le même métier. En revanche je le ferai différemment, et avec d’autres outils.
UG : Nous devons réfléchir et anticiper notre action au service des territoires et notamment des grandes métropoles. Notre métier devra s’inscrire en amont des grands projets urbains.

Projet de logements à Stalingrad (Paris) © David Foessel
Projet de logements à Stalingrad (Paris) © David Foessel

Le prochain sujet ou programme que j’aimerais explorer.
JR : l’idée de rechercher la ville sur la ville. Ça me travaille : d’éviter de consommer du territoire et donc d’aider toutes les formes de métiers pour que l’on puisse construire la ville sur la ville.
LB : Une fondation Gabriele Basilico, un très grand photographe milanais mort en 2013.
UG : Ce n’est pas tant un sujet à explorer mais plutôt la nécessité de faire des bâtiments à énergie positive.

Le conseil que je donnerais à un jeune architecte.
JR : Lire, et ralentir, s’ouvrir au-delà de son métier d’architecte. Pour ce qui est de se lancer dans l’entrepreneuriat, je conseille aux jeunes architectes d’être dans la bonne temporalité, toujours un peu au-dessus, en avance, pour voir grand.
LB : C’est un métier qu’on fait par passion, c’est beaucoup d’énergie et de responsabilité. Il faut écouter l’expérience des autres. « Trompe-toi ». Pour évoluer il faut se tromper, puis prendre le temps de comprendre ses erreurs.
UG : D’avoir de l’audace pour se démarquer et se donner les moyens d’innover.

Projet de logements à Rennes © David Foessel
Projet de logements à Rennes © David Foessel

L’architecte qu’il faut suivre.
JR : Patrick Lynch.
LB : Renzo Piano et Alvaro Siza, deux approches différentes.
UG : Bjarke Ingels et Rem Koolhas.

Un lieu qui m’inspire.
JR : Le Palais Valguarnera-Gang à Palerme (Sicile, Italie).
LB : New York, la ville des contrastes.
UG : La Piazza Unità d’Italia à Trieste (Italie), ma ville natale.

Mon livre de chevet.
JR : Je cherche encore !
LB : Le Città Invisibili di Italo Calvino.
UG : L’Écume des jours de Boris Vian.

Découvrez les projets de l’agence sur leur site.

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