LA SÉLECTION D'A'A'
DU DÉVELOPPEMENT DURABLE À LA RÉSILIENCE
Sous la direction de Lionel Astruc, rédacteur en chef de ce numéro spécial, L'Architecture d'Aujourd'hui présente son second hors-série annuel PERSPECTIVES DURABLES qui s'intéresse en 2012 à la thématique de la résilience.
L'ambition de ce numéro spécial est de proposer aux professionnels de l'architecture un guide "référent", pratique et critique, conçu comme un véritable outil de travail, et enrichi d'un contenu éditorial articulé autour de 4 rubriques :
- Architecture & urbanisme
- Énergie & déplacements
- Habitat & société
- Entreprise & responsabilité
Fidèle à la nouvelle formule d'A'A', PERSPECTIVES DURABLES propose ainsi des regards croisés, des exemples concrets et des cas pratiques pour analyser l'évolution de la construction durable. Architectes, penseurs, ingénieurs, paysagistes, ... De nombreuses disciplines apportent leurs éclairages critiques et décryptent tendances et perspectives.
PERSPECTIVES DURABLES a également été conçu comme un annuaire pratique qui recense, thématique par thématique (Gros oeuvre, Second oeuvre, Énergie, ...) des entreprises de référence, leur positionnement, leur offre, leurs chiffres clés, leurs chantiers et réalisations emblématiques. Un outil pratique pour permettre aux professionnels de documenter leurs choix en matière de construction durable.
PERSPECTIVES DURABLES 2012 - Disponible depuis le 13 janvier 2012
Si vous souhaitez lire l'édito de Lionel Astruc, cliquez ici
LA SÉLECTION D'A'A'
MATÉRIAUX : BÂTIR AVEC LES RICHESSES LOCALES
Par Lionel ASTRUC
Plusieurs décennies de pétrole bon marché ont fait du recours aux matières premières lointaines un réflexe, dans le secteur de la construction comme dans d’autres. À tel point que l’on ne prend plus la peine de chercher quels matériaux de proximité pourraient convenir.
La démarche locale s’avère certes plus fastidieuse : à l’heure où quelques clics suffisent à acheter des matières premières importées, celles disponibles à seulement quelques kilomètres réclament plus d’efforts pour l’approvisionnement. Le développement de ces filières courtes se heurte aussi à la nécessité d’une main d’œuvre plus qualifiée et plus rare, ainsi qu’à l’obsolescence de la réglementation. Mais en dépit d’un système inadapté, quelques précurseurs se réapproprient depuis peu les matériaux locaux et naturels : le bois, la terre, la pierre, la paille, le chanvre etc…
L’un des plus évidents en circuit court n’est autre que la terre. Mal connue de nombreux architectes, son usage offre pourtant une opportunité aussi évidente en termes écologiques, sociaux et économique que du point de vue de la performance. Si le contexte normatif et les préjugés freinent encore le développement de ce matériau, les professionnels sont de plus en plus nombreux à s’y intéresser.
Un domaine dans lequel la France se distingue, en particulier grâce au laboratoire CRAterre qui, à Grenoble, offre l'unique enseignement post-diplôme dans le monde sur les architectures en terre. CRAterre pilote également la chaire UNESCO "Architectures de terre, cultures constructives et développement durable" et cultive à ce titre un réseau de partenariats, en particulier en Afrique, en Amérique latine, en Asie et en Europe.
Non seulement le patrimoine en terre s’avère considérable dans toutes ces régions, mais ce matériau offre un terreau idéal pour l’innovation. En témoigne le programme de reconstruction engagé en Haïti suite au séisme de 2010 : pour les îliens, la terre constitue non seulement un matériau local et bon marché, qu’ils peuvent mettre en œuvre eux-mêmes, mais aussi l’assurance de réduire considérablement les pertes humaines en cas de nouveau séisme.
Le bois fait quant à lui partie des produits les plus faciles à se procurer via une filière courte. La région du Vorarlberg, en Autriche, a notamment fait le choix d’un recours massif au sapin blanc disponible à profusion sur place. Mais la priorité donnée aux matières premières locales n’est qu’un des nombreux volets de l’engagement écologique de ce petit Land. On se déplace aujourd’hui de l’Europe entière pour y découvrir l’une des démarches d’architecture écologique les plus complètes et les plus cohérentes à travers le Vieux continent. En s’appuyant sur l’intelligence collective, cette région a généralisé l’éco-construction et l’urbanisme écologique sur tout son territoire.
En France, les professionnels inspirés par ce pari sur les richesses locales (naturelles et humaines), sont de plus en plus nombreux. Nous avons donc consacré la rubrique pratique aux filières courtes dans le secteur de la construction, afin que chacun puisse les solliciter plus facilement. Un sujet stratégique : l’approvisionnement local fait déjà partie des critères de certaines collectivités ou de particuliers. Une exigence qui sonne comme un défi à l’heure où les réseaux de distribution restent souvent balbutiants.
PERSPECTIVES DURABLES 2012 - Rubrique Architecture & Urbanisme
LA SÉLECTION D'A'A'
SOBRIÉTÉ ET COOPÉRATION
Par Lionel ASTRUC
Si nous avions le pouvoir de pénétrer les rêves de l’énergéticien Thierry SALOMON, fondateur et président de l’association négaWatt, nous rencontrerions des citoyens affublés de drôles de lunettes. Celles-ci permettraient aux malvoyants que nous sommes d’identifier en un seul coup d’œil les gisements d’économies d’énergie dont nous sommes entourés. Ainsi, Thierry SALOMON définit volontiers son organisation comme « un opticien de l’énergie ». Ce rêve se traduit aujourd’hui dans la réalité sous la forme d’une unité de mesure permettant de quantifier les consommations que l’on peut éviter : le négaWatt.
Cette invention lui a permis, à l’aide d’un large réseau d’experts, de composer un scénario divisant par deux la consommation d’énergie avant 2050, sans conséquences sur nos modes de vie. Cet exercice de prospective extrêmement pragmatique et basé sur le calcul est aujourd’hui un précieux support pour de nombreux décideurs de tous bords. L’une des variables clés de ce scénario n’est autre que l’urbanisme et l’architecture.
La réappropriation citoyenne de la production d’énergie qui fait partie de ce programme est déjà à l’œuvre, en France comme dans le monde. Parcs éoliens communaux, chaufferies collectives alimentées de plaquettes, méthanisation à base de déchets organiques d’élevage et plans de réduction de la consommation permettent à certains territoires de subvenir à leurs besoins. Ils montrent à quel point notre avenir énergétique se fonde à la fois sur la sobriété et la décentralisation d’un système qui, aujourd’hui encore, est ultra centralisé.
Si cette démarche touche aujourd’hui plutôt les territoires ruraux, les villes accomplissent aussi leur mue. Cette évolution souligne toute l’importance du facteur humain dans la transition énergétique : notre enquête consacrée à la logistique urbaine montre que la solution à l’engorgement et à la pollution des centres-villes repose avant tout sur notre capacité de remise en question, d’organisation et, finalement, notre aptitude à coopérer, y compris entre concurrents, pour éviter que trois livreurs acheminent chacun un colis à la même adresse.
La réorganisation des transports de marchandises en ville est un enjeu majeur pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais elle conditionne aussi la qualité de vie des citadins : la montée en puissance de la priorité écologique fait émerger de nouvelles solutions telles que la livraison à vélo, qui réduit l’encombrement des rues et la pollution tout comme les nuisances sonores.
La réorganisation de la logistique urbaine montre à quel point l’énergie n’est plus seulement un enjeu individuel (éco-gestes, consommation responsable…) mais implique aussi une mobilisation collective. Aussi avons-nous réuni dans une partie pratique les conseils les plus pertinents pour permettre aux territoires (quartiers, communes, cantons…) d’amorcer concrètement une transition énergétique. Depuis le choix d’une production d’énergie autonome jusqu’à la densification du bâti en passant par les transports doux, les initiatives recommandées relèvent d’une démarche globale dont les élus, les urbanistes et les architectes sont souvent les acteurs principaux.
PERSPECTIVES DURABLES 2012 - Rubrique Énergie & Déplacements
LA SÉLECTION D'A'A'
UN INVESTISSEMENT HUMAIN
Par Lionel ASTRUC
Les biens et services éco-responsables coûtent-ils plus cher ? Cet argument sert de prétexte à de nombreux acteurs économiques pour abandonner leurs projets verts, a fortiori en période de crise. La vérité est plus subtile.
Le retour sur investissement d’une initiative écologique nécessite la prise en compte de plusieurs facteurs à analyser dans le long terme : ils sont économiques, énergétiques et sanitaires pour les particuliers, mais se quantifient aussi, pour les entreprises, en termes commerciaux et d’implication accrue des collaborateurs. Des postes souvent oubliés. D’autre part, la réalité bat en brèche le présupposé du prix élevé des projets écologiques, comme le montrent les différents thèmes abordés ici. En matière d’éco-construction, par exemple, des solutions offrent aux porteurs de projets la possibilité de réduire considérablement le prix d’un bâtiment écologique.
L’architecte allemand Hubert BURDENSKI nous éclaire notamment sur la pratique de l’autopromotion qui consiste à planifier sans promoteur la construction d’un immeuble écologique répondant aux critères spécifiques de chacun des propriétaires occupants. Ce choix est un vecteur de lien social et réduit aussi de 25% le coût des projets, rendant les logements écologiques beaucoup plus abordables. De nombreux programmes réussis existent en Allemagne, notamment dans les éco-quartiers, mais cette pratique essaime partout en Europe, y compris en France.
Le succès de cette formule montre que les initiatives écologiques, bien souvent, sont davantage suspendues à la volonté des porteurs de projet qu’au prix de la réalisation : la pratique de l’autopromotion nécessite une forte implication des acteurs, qui doivent notamment se réunir à de nombreuses reprises et apprendre à coopérer pour être certains que tous les propriétaires soient satisfaits, tout en préservant la cohésion du groupe d’habitants.
En somme, les initiatives écologiques ne se réduisent pas à un investissement financier, mais reposent aussi largement sur l’implication et le temps passé. Ce constat ne se limite pas au seul domaine de la construction, comme en témoigne le concept des "Territoires en transition". Ce mouvement appelle les collectivités (villes, quartiers, villages, cantons etc.) à transformer la fin du pétrole en une opportunité pour acquérir une plus grande autonomie (énergétique, alimentaire…). Il se fonde sur la mobilisation des habitants eux-mêmes et leur capacité à modifier collectivement leurs habitudes, notamment en termes de transport, d’énergie ou d’approvisionnement alimentaire. À ce jour, plus de 300 initiatives de transition ont vu le jour aux Etats-Unis, au Japon, en France, en Nouvelle-Zélande, en Suède etc.
Ce mouvement citoyen vise en particulier à anticiper le pic pétrolier et « relocaliser » certaines productions telles que l’énergie ou l’alimentation. Ce rapprochement entre producteurs et consommateurs fait aussi partie des solutions qui mettent l’écologie à la portée de toutes les bourses, en l’absence d’intermédiaires souvent coûteux. Mais ce retour à une alimentation et donc à une agriculture de proximité implique une vision nouvelle de l’aménagement du territoire, en particulier autour des villes, comme en témoigne notre enquête sur les circuits courts alimentaires : de nombreuses cités favorisent un retour de l’agriculture périurbaine pour satisfaire les besoins des habitants.
Les citadins expriment leur désir de renouer avec une production de proximité et plus largement de se reconnecter à la nature, à travers la multiplication des jardins partagés. Ces potagers nourriciers semblent occuper le moindre espace vacant, au pied des tours, au bord des voies ferrées et jusque sur les toits des immeubles. Pour le paysagiste Gilles CLÉMENT, cette incursion naturelle au cœur des villes offre surtout aux jardiniers un moyen exceptionnel pour renouer le lien social entre des catégories de population souvent éloignées.
Mais le retour de la nature en ville présente aussi un enjeu écologique : inclure la végétation dans un projet architectural urbain tout en respectant l’environnement nécessite par exemple le respect de critères précis concernant le soin apporté au sol, le choix des espèces plantées ou encore la gestion de l’eau. Si en amont la planification d’un tel projet s’avère stratégique, l’emploi de bonnes pratiques écologiques et peu coûteuses se révèle, une fois encore, le vecteur d’économies importantes. Le développement durable n’est donc ni un sacrifice ni une dépense supplémentaire, mais bien une opportunité à saisir.
PERSPECTIVES DURABLES - Rubrique Habitat & Société
LA SÉLECTION D'A'A'
LES PIONNIERS DE LA RSE
Par Lionel ASTRUC
Le nombre de constructeurs prêts à intégrer des matériaux écologiques, quitte à payer plus pour cela, a augmenté en France de 26% en un an seulement, entre 2010 et 2011. Le baromètre de l’architecture européenne, qui fonde cette statistique sur la consultation de 1200 architectes, note que cette dynamique est particulièrement importante en France, en Allemagne et aux Pays-Bas.
Cette attente des consommateurs stimule la prise en compte de la responsabilité sociale et environnementale (RSE) par une proportion croissante – même si elle reste très minoritaire - des professionnels de la construction. Néanmoins les majors sont encore rares à se tourner vers les filières écologiques et locales, malgré l’enjeu primordial que représente la dépendance du secteur aux énergies fossiles. Cette démarche plus responsable offre en effet un levier considérable pour amorcer un grand virage écologique et social : favoriser ces filières encore peu structurées réduit les émissions de CO2 (moins de transports) et crée des emplois de proximité "non délocalisables".
Maître d’œuvre et expert en architecture écologique, Jean-Pierre OLIVA accompagne régulièrement les professionnels en quête de matériaux "bio-sourcés". Son témoignage montre que leur accès est encore rendu difficile par une réglementation en retard sur les enjeux environnementaux, mais aussi par une main d’œuvre encore mal adaptée à ces produits qui réclament des compétences spécifiques.
Malgré ces freins, certaines entreprises spécialisées dans les techniques d’éco-construction, comme CARACOL, en Isère, apportent la preuve que l’intégration de matériaux écologiques et locaux dans un projet architectural n’a rien d’insurmontable. Le fonctionnement de cette société témoigne également du fait que le développement durable, dans le domaine de l’architecture, ne se résume pas à l’approvisionnement, mais concerne une large palette d’enjeux, y compris de société et de gouvernance. Véritable laboratoire, CARACOL nous montre comment intégrer de bonnes pratiques à chaque étage de l’organisation, pour en faire un axe stratégique majeur.
La protection de l’environnement revêt en effet un caractère transversal qui nécessite de porter un regard global sur l’entreprise et de considérer les matériaux de construction "du berceau à la tombe". Dans cette perspective, ce hors-série se termine par une enquête approfondie sur le parcours des déchets de chantiers. La marge d’évolution dans ce domaine est considérable, à condition de prendre en compte cet enjeu très en amont. Aussi, l’un des acteurs pivots pour améliorer la gestion des déchets n’est autre que l’architecte lui-même. Chacun pourra donc découvrir comment limiter les déchets et faciliter leur tri, au fil de notre guide pratique. Outre leurs vertus écologiques, les bonnes pratiques détaillées dans ces pages permettent des économies substantielles. En somme, tout nous incite à rompre le cercle de nos habitudes.
PERSPECTIVES DURABLES 2012 - Rubrique Entreprise & Responsabilité
Sous la direction de Lionel Astruc, rédacteur en chef de ce numéro spécial, L'Architecture d'Aujourd'hui présente son second hors-série annuel PERSPECTIVES DURABLES qui s'intéresse en 2012 à la thématique de la résilience.
L'ambition de ce numéro spécial est de proposer aux professionnels de l'architecture un guide "référent", pratique et critique, conçu comme un véritable outil de travail, et enrichi d'un contenu éditorial articulé autour de 4 rubriques :
- Architecture & urbanisme
- Énergie & déplacements
- Habitat & société
- Entreprise & responsabilité
Fidèle à la nouvelle formule d'A'A', PERSPECTIVES DURABLES propose ainsi des regards croisés, des exemples concrets et des cas pratiques pour analyser l'évolution de la construction durable. Architectes, penseurs, ingénieurs, paysagistes, ... De nombreuses disciplines apportent leurs éclairages critiques et décryptent tendances et perspectives.
PERSPECTIVES DURABLES a également été conçu comme un annuaire pratique qui recense, thématique par thématique (Gros oeuvre, Second oeuvre, Énergie, ...) des entreprises de référence, leur positionnement, leur offre, leurs chiffres clés, leurs chantiers et réalisations emblématiques. Un outil pratique pour permettre aux professionnels de documenter leurs choix en matière de construction durable.
PERSPECTIVES DURABLES 2012 - Disponible depuis le 13 janvier 2012
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