• Toolhouses, ateliers, 10 propositions. ©Meriem Chabani

Collaborations

Meriem Chabani, une architecture manifeste

En 2014, Meriem Chabani, remportait, avec Étienne Chobaux et John Edom, un LafargeHolcim Award « Next Generation » (5e prix) pour le projet Remade in Bangladesh, initialement son PFE présenté en 2013 à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris Malaquais.
Remade in Bangladesh cherche à réinvestir, à une échelle urbaine et architecturale, l’industrie du textile bangladaise à Chittacong, deuxième ville du pays, et à redéfinir le Made in Bangladesh. Un regard critique face aux mécaniques de la mondialisation sur un territoire du tiers monde, mais qui esquisse la possibilité d’une alternative.

Alors que la 5e édition des LafargeHolcim Awards est aujourd’hui lancée, AA s’est entretenue avec une sélection de lauréats des précédents concours, dont Meriem Chabani qui revient aujourd’hui sur les suites données à Remade in Bangladesh et ses projets en cours.

Synthèse territoriale des interventions. ©Meriem Chabani
Synthèse territoriale des interventions. ©Meriem Chabani

AA. Pouvez-vous nous décrire le projet que vous aviez soumis à la Fondation LafargeHolcim pour la construction durable et qui vous a valu de remporter un Prix ? Quelles sont aujourd’hui les suites données à ce projet ?

Meriem Chabani. Notre projet primé, Remade in Bangladesh, investissait à une échelle urbaine et architecturale l’industrie du textile bangladaise. Via une mise en relation d’acteurs de terrain, nous nous étions donné pour mission d’imaginer une alternative au Made in Bangladesh tel qu’il se présente aujourd’hui, comme un mode de production précaire plutôt qu’un produit aux qualités intrinsèques et significatives. S’éloignant d’une production massive centralisée, le projet explore la mise en réseau de cellules de production de taille réduite, dessinant un parc de micro-entreprises organisées autour d’une foire d’import/export. Ce projet théorique était l’occasion d’explorer la façon dont une approche sur de multiples échelles, construite autour de positionnements économiques, politiques et urbains aussi bien qu’architecturaux, avait la capacité de produire de nouveaux possibles.

Toolhouses, ateliers, 10 propositions. ©Meriem Chabani
Toolhouses, ateliers, 10 propositions. ©Meriem Chabani

AA. Quels ont été les retombées et l’impact de ce Prix sur votre pratique de l’architecture ?

Meriem Chabani. Ce Prix a eu un impact évident sur notre réseau professionnel, particulièrement à l’international. Il a donné lieu à des publications et à de multiples invitations à présenter ce travail, notamment à l’UNESCO, à l’Université d’Arras et à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Malaquais. Mais il a également été une valorisation de la notion de recherche multi-facteurs dans la conception architecturale, et nous a encouragés à poursuivre cet effort dans notre activité professionnelle.

Remade in Bangladesh. ©Meriem Chabani
Remade in Bangladesh. ©Meriem Chabani

AA. Quels sont vos principaux projets actuels ? Êtes-vous restée en contact avec la Fondation LafargeHolcim et/ou d’autres lauréats ?

Meriem Chabani. Suite aux LafargeHolcim Awards, deux entités ont pris forme : TXKL, agence d’architecture montée avec les membres de notre équipe de concours, et New South, plateforme de recherche co-fondée avec d’autres architectes, dont un lauréat du concours. Très rapidement, nous avons voulu poursuivre l’exploration des questions posées lors du concours : la pratique mondialisée de l’architecture et l’impact de ses mécaniques sur nos territoires. Notre agence a la chance de pouvoir s’y confronter quotidiennement, notamment à travers la conception de logements collectifs en Algérie et d’un centre culturel en Birmanie.

Exposition New South, Paris, novembre 2015 ©Pierre Serron
Exposition New South, Paris, novembre 2015 ©Pierre Serron

Du côté du collectif New South, nous avons initié de multiples expositions et projet de recherche, dont un cycle de workshops autour de la conception de logement en Afrique. Lors de notre première exposition à Paris, nous avons reçu le soutien de la Fondation LafargeHolcim, dont plusieurs membres se sont également déplacés de Zurich à l’occasion du vernissage. Pour de jeunes architectes, ce soutien dans le temps est extrêmement précieux, et explique la place très spéciale que ce concours conserve à nos yeux.

Equipe du collectif New South, Paris, novembre-2015 ©Pierre Serron
Equipe du collectif New South, Paris, novembre-2015 ©Pierre Serron

Pour en savoir plus sur le travail de Meriem Chabani et le projet Remade in Bangladesh : https://meriemchabani.com

Pour découvrir le collectif New South : http://newsouth.fr

Last call! Soumettez votre projet pour la 5e édition des International LafargeHolcim Awards avant le 21 mars. Toutes les informations sur le concours sont disponibles ici.

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